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4 dans le monde qui est en train de réaliser un ouvrage ou un chantier exceptionnel , c ’ est-à-dire peu courant et qui nécessite toutes les ressources du métier . Il en parle facilement avec des étoiles plein les yeux , mais il ne pense pas à partager son expérience à travers le journal . Ce n ’ est même pas une question d ’ être à l ’ aise avec l ’ écriture ou non puisqu ’ on peut l ’ accompagner sur le sujet , mais il n ’ y pense pas …
Pour tenter d ’ y remédier , nous avions organisé un agenda où chaque métier devait à tour de rôle écrire un article professionnel . Cela revenait à ce que chacun d ’ eux s ’ y colle une fois tous les deux ans ! Malgré cette charge de travail très raisonnable et une grande anticipation dans la commande des articles , cette méthode n ’ a pas fonctionné . Bien décidés à ne pas baisser les bras , nous essayons maintenant de mettre en place ( ou plutôt de remettre en place , puisque ce dispositif a déjà existé ) un correspondant du journal par métier et par province , avec une feuille de route bien définie . Les noms des gâcheurs arrivent au compte-goutte , mais ceux en place donnent de très bons résultats .
Ils ont pour mission non pas d ’ écrire mais d ’ être , dans leur métier ou leur province , à l ’ affût de ce qui mérite d ’ être partagé dans le journal . Après s ’ être assurés auprès de l ’ équipe de rédaction de l ’ intérêt du sujet , ils invitent les personnes concernées à prendre la plume et leur donnent dès le départ une sorte de cahier des charges à respecter , notamment la longueur du texte et le choix des illustrations , et les rassurent sur le fait qu ’ on peut les accompagner dans la rédaction ou encore réaliser l ’ article sous forme d ’ interview . Dans l ’ idéal , ce dispositif devrait gonfler considérablement le stock d ’ articles , avec le risque de susciter des frustrations par des délais de parution très longs ou même des refus . Mais nous n ’ en sommes pas là et si , par bonheur , nous avions un jour cette problématique à gérer , rien ne nous empêcherait d ’ augmenter le nombre de pages ou , soyons fous , d ’ opter pour une parution bimensuelle . En cela , le journal est aussi le témoin du dynamisme de notre association , pas tant celui que nous reconnaissent nos partenaires , institutionnels ou non , mais celui de ses propres adhérents .
Il est aussi le moyen de faire passer quelques réflexions de fond sur l ’ accompagnement des jeunes , la formation professionnelle , la culture , le lien entre les générations , le devenir des métiers , la transmission , etc . Gageons que ces réflexions nourrissent la pensée du lecteur et , mieux encore , qu ’ elles servent de support dans l ’ animation de débats dans les communautés , itinérantes et sédentaires , dans l ’ organisation de la formation théorique professionnelle ou dans l ’ ouverture culturelle et compagnonnique . Sans jamais les considérer comme une doctrine immuable . Que ces textes favorisent l ’ échange entre les hommes et femmes de métier , voilà de quoi rendre fécond le temps consacré à l ’ écriture !
AINSI , VINGT-SEPT ANS APRÈS SA CRÉATION ET 300 NUMÉROS PLUS TARD , COMPAGNON DU DEVOIR POURSUIT SA ROUTE EN TENANT LE CAP FIXÉ PAR SES FONDATEURS .
Ainsi , vingt-sept ans après sa création et 300 numéros plus tard , Compagnon du Devoir poursuit sa route en tenant le cap fixé par ses fondateurs , tout en adaptant autant que possible sa forme aux évolutions considérables observées dans les médias . Et l ’ on peut être fier de continuer à sortir chaque mois un journal institutionnel , rédigé par ses adhérents , sans aucune publicité ( un cas sans doute unique !) et produit par nos propres moyens – seuls la maquette , la relecture , l ’ impression et le routage sont assurés par des
prestataires . Il est l ’ expression sincère d ’ une identité , d ’ une culture et d ’ un regard sur le monde qui ne demandent qu ’ à être partagés .
Un grand merci à toutes celles et ceux qui , depuis le début , ont permis et permettent encore , avec passion et professionnalisme , de contribuer par l ’ écrit au rayonnement de notre association , et plus encore de témoigner de l ’ implication de chacun de ses membres . Dans le prolongement de Compagnonnage , ces 300 numéros sont la mémoire d ’ une page de cette formidable aventure humaine nommée « compagnonnage ». Cap sur le numéro 400 …
Longue vie à Compagnon du Devoir !
Jean Mopin Île-de-France la Franchise du Devoir
Conseiller au Secrétariat
# 300 / Octobre 2020