défi compagnons 23 mental d ’ acier et une bonne endurance . Ainsi , de par nos acquis sportifs respectifs , nous avons pu nous soutenir pour atteindre l ’ objectif commun que nous nous étions fixé . Nous avions à cœur de terminer ce parcours ; l ’ on peut même dire que nous étions remontés comme des pendules , déterminés à venir à bout des 92 km . En termes de matériel , nous étions très peu équipés , avec seulement un pique-nique , des bouteilles d ’ eau et deux lampes frontales , la troisième nous ayant lâché juste avant que l ’ on parte . C ’ est le mental qui a primé tout au long de cette aventure , du point de départ jusqu ’ au point d ’ arrivée .
Le jour J , nous nous sommes réveillés à 1 h du matin et avons pris un bon petit déjeuner . Nous nous sentions de vrais baroudeurs téméraires : déterminés , impétueux , confiants avec une part d ’ audace , ces qualificatifs étant les maîtres mots de notre aventure . Le départ s ’ est fait de Menton où nous avons été déposés par Margot Lopes , dite Bordelaise , Aspirant pâtissier , qui partait embaucher à La Turbie dans une pâtisserie locale . Elle nous a souhaité bon courage en nous laissant . Nous avons attaqué la randonnée à 2 h 40 , donc de nuit , avec un temps plutôt agréable pour marcher . Partis de la gare de Menton-Garavan , nous avons affronté notre premier col et la première difficulté du parcours : passer de 16 mètres d ’ altitude à 720 mètres en 6 km . Au tout début , la gestion de nos efforts a été un peu compliquée , car nous étions tous novices dans cet exercice . D ’ autant plus que dès la première montée , nos muscles ont commencé à se tétaniser .
À ce moment-là , notre mental en a pris un coup : nous nous sommes dit que le trajet allait être long , très long ! Alors que le parcours se déroulait , la fatigue se faisait sentir aussi bien musculairement que psychologiquement , ainsi que le manque de sommeil . Nous avons traversé plusieurs petits villages comme Castellar , Sainte-Agnès , Gorbio , Drap , Cantaron , Bordinas , Tourrette-Levens , Aspremont , Colomars , Gattières , Saint-Jeannet et Vence avant d ’ atteindre Cagnes-sur-Mer . Nous avons croisé quelques randonneurs , mais n ’ avons pas pris le temps de nous arrêter pour discuter ! Il fallait rester focus sur notre objectif , sans se laisser distraire par l ’ environnement extérieur .
Nous sommes rentrés à 2 h du matin , avec un temps similaire à celui du départ . Le mot fatigue est trop faible pour décrire notre état à notre arrivée , les mots harassés et exténués seraient davantage appropriés ! Les émotions de fin de course étaient à leur apogée , de vraies montagnes russes . Au niveau psychologique , nous étions soulagés d ’ être arrivés et d ’ avoir atteint notre but . Au niveau physique , les crampes , les ampoules et des douleurs dans les pieds ont été des obstacles à surmonter pour parvenir à l ’ objectif final fixé . À 23 h 30 , proches de l ’ arrivée , notre fatigue était telle qu ’ une sieste s ’ est imposée , or nous avions dépassé tous les refuges . Ainsi , Nicolas a pris la belle initiative de retirer ses chaussures et de poser son sac pour dormir dans un fossé ; nous l ’ avons tous les deux imité pendant 30 minutes avant de finir ce périple .
LES VALEURS COMPAGNONNIQUES DE FRATERNITÉ , DE COURAGE ET DE DÉPASSEMENT NOUS ONT SUIVIS TOUT AU LONG DE CE PARCOURS .
UNE EXPÉRIENCE FORTE EN ÉMOTIONS Je dirais que les principaux défis de cette randonnée ont été de se supporter , entre Nicolas qui parlait pour ne rien dire , Guillaume qui se plaignait d ’ un mal de pied incessant et moi-même , Anthony , le charlatan de l ’ équipage , qui avait minimisé intentionnellement le nombre de kilomètres pour arriver . Plus sérieusement , le plus difficile à surmonter a été le dénivelé colossal , le nombre de kilomètres à avaler et la fatigue qui s ’ accumulait . Nous avons passé une journée extraordinaire , malgré quelques douleurs à la fin . Nous avons ainsi parcouru 92 km en 24 heures et 20 minutes . Je souhaite remercier le pays Lopes de nous avoir déposés à Menton , de nous avoir nourris
18 h : le trio commençant à être fatigué mais toujours aussi motivé !
à La Turbie et enfin pour son soutien tout au long de cette merveilleuse aventure . Nous ne garderons que le positif de cette expérience , car toutes nos émotions étaient décuplées . Les paysages étaient bien évidemment à couper le souffle ; notre entente mutuelle n ’ a fait que bonifier cet itinéraire incroyable , entrecoupé de rires et de longues heures d ’ échanges .
Les valeurs compagnonniques de fraternité , de courage et de dépassement nous ont suivis tout au long de ce parcours . En effet , durant notre formation , au cours du Tour de France , nous faisons des rencontres qui restent gravées dans notre mémoire , nous vivons des événements inoubliables et ce voyage exceptionnel en fera partie pour nous . Nouvel objectif : accompagnés de personnes motivées , nous aimerions faire une randonnée de 100 kms !
Anthony Digonnet dit Auvergnat
Aspirant ébéniste
# 300 / Octobre 2020