18 compagnons dépassement
À gauche et au centre , Nîmois et ses maquettes d ' entraînement ; à droite , celle qui a été réalisée lors des WorldSkills .
que j ’ ai dû me préparer : il fallait que je sache tenir la cadence le moment venu . J ’ ai appelé plusieurs fois ma formatrice pour qu ’ elle me donne des conseils . J ’ échangeais également régulièrement avec une autre coterie , Lila Perrin , Bordelaise , apprentie en fin d ’ apprentissage , qui était inscrite elle aussi . Déjà quelques mois avant la compétition , j ’ avoue avoir été stressé : j ’ appréhendais l ’ échec , mais sans pourtant me décourager .
UNE COMPÉTITION SOUS PRESSION En mars 2020 , la compétition s ’ est déroulée à Clermont-Ferrand . J ’ avais le trac face à tous ces compétiteurs rassemblés … Mais une fois lancé , j ’ ai réussi à en faire abstraction et à me focaliser sur la pièce : une représentation de la tour d ’ Abu Dhabi . Des tracés devaient être effectués selon des dimensions données , puis des teintes devaient y être appliquées . Nous avions déjà reçu le sujet précédemment , mais il était susceptible d ’ évoluer . J ’ ai bien compris alors que l ’ organisation de mon travail serait primordiale pour le résultat final . Le sujet comprenait de réelles difficultés techniques : un réchampis (« mince filet décoratif de peinture », source : Larousse ) et des filets à exécuter . Du fait de la concentration intense de
l ’ ensemble des compétiteurs , un grand silence régnait lors de l ’ épreuve . Cela m ’ a pesé car je n ’ étais pas habitué à cela , les chantiers sont le plus souvent bruyants et l ’ ambiance joviale . De plus , en raison des prémices de l ’ épidémie de Covid-19 , ma famille n ’ avait pas pu venir m ’ encourager .
JE MANQUAIS DE CONFIANCE AVANT D ’ AVOIR CONCOURU , MAIS MAINTENANT JE ME SENS CAPABLE DE RÉALISER DE GRANDES CHOSES !
Heureusement , Lila était sur place à mes côtés ce jour-là . J ’ ai vécu les épreuves avec intensité et je me suis senti vidé à leur fin , aussi bien à cause de l ’ ambiance que du travail en lui-même .
Après un jour et demi de compétition , j ’ ai été classé 8 e sur 18 . Quand j ’ ai découvert les résultats , j ’ ai été content : j ’ étais en effet rassuré de ne pas être en queue de peloton ; de toute manière , dès le départ , je suis parti dans l ’ esprit que l ’ important c ’ est de participer ! Avec Lila , nous avons
comparé nos maquettes et étudié ce qui n ’ allait pas . Si j ’ effectue un bilan de ma prestation , je remarque que j ’ ai été pénalisé par un manque d ’ organisation . Par exemple , je n ’ avais pas préparé mes outils avant l ’ épreuve : chercher un crayon dans ma caisse à outils ( on utilise ses propres outils ) m ’ a fait perdre un peu de temps . J ’ estime également que mon matériel n ’ était pas le plus adapté car de qualité insuffisante .
Je n ’ exclus pas la possibilité de me relancer dans ce concours des WorldSkills , en ayant retenu les leçons de cette première participation : avoir du matériel adapté et gérer son temps de manière optimale . Il faut profiter au maximum de ces moments et de leurs enseignements . De plus , la compétition enseigne le respect des autres et de leur travail . Je manquais de confiance avant d ’ avoir concouru , mais maintenant je me sens capable de réaliser de grandes choses ! Il faut foncer , ne pas avoir peur d ’ échouer : cette expérience nous permet d ’ en apprendre sur nous-mêmes et sur notre métier .
Kevin Ruiz Nîmois
Aspirant peintre
# 300 / Octobre 2020