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Nous avons imaginé un certain nombre de situations , néanmoins il y aura immanquablement des exceptions qui confirmeront la règle ; il faudra donc localement veiller à chacun et analyser au cas par cas pour préserver un maximum d ’ équité . Cela fait partie des nombreuses missions que les délégués régionaux auront à assumer avec les prévôts . L ’ idée générale est que celles et ceux qui n ’ étaient pas dans les maisons n ’ en soient pas de leur poche et que les autres payent le plus justement possible .
Il n ’ empêche qu ’ il va falloir absorber ce produit absent , puisque même si les charges - notamment de personnel et de consommation - sont diminuées , il va rester les coûts fixes . Cela va se chiffrer par centaines de milliers d ’ euros . Nous avons d ’ ores et déjà recours au mécénat pour financer à son plus haut niveau ce manque à gagner . Chacun à sa manière pourra apporter son écot et il sera le bienvenu ! Ce qu ’ il faut retenir , c ’ est le fait que les pertes pèseront de manière conséquente sur ces activités d ’ hébergement et de restauration . En effet , pour ce qui est de l ’ activité de formation , compte tenu que les OPCO 1 continuent à verser les fonds d ’ alternance à tous les organismes de formation , celle-ci se trouve financée de manière normale . À ce titre , il faut saluer le travail de nos formateurs qui ont dû à brûle-pourpoint apprendre à gérer la formation à distance avec leurs apprenants . Quant à la formation continue , elle devrait accuser une baisse significative du fait du confinement et de la situation économique des entreprises .
Au niveau de notre institution , pour sécuriser sa trésorerie , nous avons sollicité le prêt garanti par l ’ État . Nous parlons bien de sécuriser , car il s ’ agit
dans l ’ idéal de ne pas toucher à ses liquidités , qu ’ il faudra bien un jour rembourser . Si le taux de la première année est bas , il y a de gros risques que ce dernier flambe pour celles qui vont suivre , pouvant générer demain des difficultés pour ceux qui auront en charge notre association . Nous n ’ avons pas non plus sollicité la totalité du montant auquel nous pouvions prétendre . D ’ abord , cela correspond à un plan de trésorerie , à notre besoin en fonds de roulement et aux limites de la motion de l ’ équipement votée chaque année aux Assises . Ensuite , il ne faut pas oublier que les opérations immobilières de Strasbourg et Bordeaux viennent s ’ ajouter sur cette année 2020 et qu ’ il s ’ agit de rester dans ce cadre .
CE QU ’ IL FAUT RETENIR , C ’ EST LE FAIT QUE LES PERTES PÈSERONT DE MANIÈRE CONSÉQUENTE SUR CES ACTIVITÉS D ’ HÉBERGEMENT ET DE RESTAURATION .
Dans le même état d ’ esprit , afin de ne pas pénaliser ceux qui auront demain en charge nos affaires , nous avons évité de souscrire au report d ’ emprunt . En effet , si le remboursement du capital est bien reporté , les intérêts continuent de courir et seront toujours présents sur la durée décalée du prêt . Les budgets révisés , qui ne seront que l ’ expression comptable de notre capacité à faire , nous éclaireront sur nos marges de manœuvre . Ce dont il faut être persuadé , c ’ est que cette rentrée de septembre sera encore plus décisive que les années passées , principalement par la capacité des entreprises à embaucher des jeunes malgré un contexte que l ’ on peut imaginer complexe . L ’ enjeu sera de taille et nous aurons besoin de la mobilisation et de l ’ effort de toutes et tous afin de réussir ce pari .
Comme le précisait notre Premier conseiller dans son courrier adressé aux Compagnons sédentaires , nous avons dans ces moments plus que jamais besoin d ’ être soudés pour affronter les conséquences humaines , sociales , financières de cette crise du Covid-19 . Compter est essentiel , mais aussi paraphraserai-je une phrase du sociologue Edgar Morin : « à force d ’ être obnubilés par ce qui se compte , il ne faut pas oublier ce qui compte ». D ’ ailleurs cela marche dans les deux sens ! Mais au-delà même de l ’ institution , il faut que nous restions attentifs les uns aux autres . Dans les provinces , les métiers , les chambres et les cayennes , il faut veiller à ne pas laisser de côté un Compagnon quel qu ’ il soit , sans prendre de ses nouvelles , lui téléphoner , s ’ enquérir de sa santé , de son moral , de sa situation . Faire en sorte que la fraternité ouvrière et le compagnonnage ne soient pas de vains mots , battus en brèche par ce fichu virus . Même si nous avons les uns et les autres maintes problématiques à résoudre , surtout faisons en sorte de ne pas fermer les yeux et de ne pas laisser place à l ’ indifférence .
Christophe Philippot Île-de-France la Persévérance le Soutien des Compagnons
Conseiller à la Trésorerie
1 - Ces opérateurs de compétences remplaçant les OPCA sont des organismes paritaires agréés .
# 296 / Mai 2020