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UN MARÉCHAL À MAISONS-LAFFITTE ,

cité du cheval

C ’ est à Maisons-Laffitte , haut lieu des courses de chevaux en France , que Tanguy Buhot , dit Savoyard , Aspirant maréchal-ferrant , a fait étape pour sa quatrième année de Tour de France . Celui-ci nous relate les spécificités de ces athlètes et sa pratique quotidienne dans ce contexte de travail exceptionnel .

P etit , j ’ adorais déjà les chevaux et je regardais également beaucoup de reportages sur le travail de l ’ acier . En fin de classe de troisième , j ’ ai fait un stage chez une femme maréchal-ferrant qui exerce dans mon village savoyard et ce métier m ’ a tout de suite plu . À mes yeux il allie deux domaines passionnants : travailler l ’ acier et s ’ occuper des chevaux . Mais il me fallait impérativement la combinaison des deux : forger et ferrer l ’ animal ; effectivement certains maréchaux-ferrants ne font que ferrer .

UN TOUR AUX ÉTAPES VARIÉES Après ma première étape effectuée à Saumur , ville qui m ’ attirait par son architecture et celle de la maison des Compagnons , j ’ ai eu l ’ opportunité d ’ aller en Nouvelle-Calédonie à la demande d ’ une entreprise locale pour remplacer un itinérant dont le contrat venait de se terminer . Dans ce pays , les maréchaux-ferrants n ’ ont pas de fournisseurs locaux ; il faut donc faire venir de l ’ étranger le matériel , anticiper le réapprovisionnement et prévoir le stockage . La demande par rapport à la qualité du ferrage n ’ est pas du tout la même qu ’ en France où l ’ on valorise le bien-être du cheval . Là-bas il existe encore beaucoup de traction animale et l ’ on cherche donc avant tout la tenue du fer pour que les chevaux puissent travailler .
Après ce séjour à l ’ international , je me suis rendu à Caen où j ’ ai pu gérer une entreprise en totale autonomie en l ’ absence de son patron . Je devais suivre la clientèle , gérer mes rendez-vous … Cette expérience a été formidable : le patron m ’ a vraiment fait confiance pour le remplacer !
Puis , je suis parti à la maison de Pantin où l ’ on m ’ avait proposé de prendre la place d ’ un itinérant au sein d ’ une entreprise de maréchalerie spécialisée dans les chevaux de course , implantée à Maisons-Laffitte dans les Yvelines ( 78 ). Ne connaissant pas du tout le domaine des courses , cette nouveauté m ’ a attiré . Si dans ce milieu l ’ argent est visible d ’ emblée - certains chevaux valent très cher ! - , l ’ ambiance reste pourtant agréable .
UN MONDE À PART Maisons-Laffitte est une ville à part entière avec plus de 23 000 habitants , mais la moitié de sa surface est consacrée aux chevaux : l ’ on y trouve une bonne cinquantaine d ’ écuries ( comportant pour certaines jusqu ’ à une centaine de montures ) - dont la moitié sont dédiées aux chevaux de course - et un hippodrome . Sur place , les chevaux peuvent s ’ entraîner à tour de rôle sur les pistes du centre d ’ entraînement . Chaque entraîneur gère son écurie , entraîne les chevaux que les propriétaires lui confient et choisit son maréchal-ferrant , sachant que deux entreprises de maréchalerie exercent dans le domaine du cheval de course à Maisons-Laffitte . Le choix du prestataire se fait sur la qualité du travail , puis du relationnel ; les chevaux courant mieux quand le ferrage est optimal . L ’ on peut noter un véritable respect entre maréchaux .
# 296 / Mai 2020