3 perspectives
SITUATION DE CRISE
À cette heure , l ’ infiniment petit bouleverse les certitudes du monde entier et fait trembler toute la planète . Tout cela nous ramène brusquement à notre fragilité , malgré tous nos moyens et parfois notre arrogance . Cela met aussi en évidence les difficultés que nous avons à vivre ensemble , non seulement dans le respect des uns des autres , mais aussi des consignes données .
Qu ’ en est-il aujourd ’ hui pour les Compagnons du Devoir ? Nous sommes le 28 mars 2020 alors que je couche ces quelques mots sur le papier et , au moment où vous lirez ces lignes , la situation aura certainement évolué tant chaque jour apporte son lot de changements . Il me semble néanmoins utile et nécessaire de faire un point sur la situation actuelle .
Si l ’ annonce du confinement a été prononcée par le président de la République le 16 mars au soir , déjà à ce moment-là une partie de nos concitoyens subissait depuis plusieurs semaines les impacts de ce virus , notamment en région Grand Est . Nos équipes sur place ont très vite pris la mesure de la situation et ont alerté le siège social sur sa possible évolution et le besoin de nous mettre dès à présent en ordre de marche pour envisager le pire .
Sous l ’ impulsion du Compagnon Patrick Chemin , notre directeur général des activités , les équipes ont travaillé ensemble de façon très solidaire sur le sujet en commençant , dès le 12 mars , la rédaction du plan de continuité d ’ activité en tenant compte , autant que possible , des orientations et décisions en cours .
Que ce soit pour la formation , l ’ hébergement ou la restauration , il fallait penser à la suite , imaginer plusieurs scénarios et surtout apporter les réponses nécessaires à la continuité de chaque action dans le respect des règles édictées par les autorités de santé .
POUR RESPECTER LES CONSIGNES , LES JEUNES ONT QUITTÉ LES MAISONS DE COMPAGNONS POUR REJOINDRE LEURS FAMILLES ET SE CONFINER AVEC LEURS PROCHES .
Dans le même temps , et là aussi pour respecter les consignes , la plupart des rencontres ont été modifiées pour basculer en visioconférence . Au vu des annonces de début mars , il a également fallu prendre des décisions concernant les Assises et les congrès de métiers . Si l ’ annulation ou le report de ces événements n ’ est pas chose habituelle , il était tout même plus raisonnable d ’ anticiper et la suite nous a donné raison . Autre point important sur lequel il fallait se positionner rapidement : le changement de ville de fin mars ( qui concerne environ 1 500 jeunes ) ; encore une fois l ’ anticipation a permis de communiquer clairement auprès des itinérants concernés , afin qu ’ ils annulent les déplacements prévus , et auprès des métiers pour que localement les entreprises puissent être prévenues de cette décision .
Depuis le mois de février , nous avons donc :
• Le Conseil mobilisé pour se rendre disponible aussi souvent que nécessaire ;
• Le Compagnon Jean-Claude Bellanger , secrétaire général , au plus près de l ’ information et en lien permanent avec les autorités compétentes ;
• Le Compagnon Patrick Chemin sur le pont avec l ’ ensemble des services du siège social , et en région , tous les délégués régionaux avec leurs équipes ;
• Des visioconférences quasi quotidiennes entre les délégués régionaux , les directeurs des services du siège , le directeur général des activités et le Premier conseiller .
Le plus difficile a été de faire comprendre aux jeunes la gravité de la situation . Mais nous avons eu aussi 20 ans , l ’ âge où l ’ on se croit invincible et où l ’ on défie l ’ autorité …
Où en sommes-nous aujourd ’ hui ? Après l ’ annonce du confinement et dès le mardi 17 mars , beaucoup d ’ entreprises ont stoppé leur activité : pour respecter les consignes , les jeunes ont quitté les maisons de Compagnons pour rejoindre leurs familles et se confiner avec leurs proches .
Suite aux différentes annonces des responsables de notre pays , la confusion est née dans l ’ esprit de chacun sur la nécessité ou non de reprendre le travail le lundi 23 mars . Les itinérants rentrés chez eux attendaient des consignes claires quant à leur retour dans les maisons de Compagnons . Nous aussi étions en attente de consignes claires de la part de nos dirigeants . Mais , n ’ imaginant pas un seul instant faire à nouveau déplacer plus de
# 295 / Avril 2020