d’ ailleurs évoquée hier à l’ exploitation littéraire chez Voltaire, Micromégas, Gulliver et combien d’ autres contes populaires sans oublier les contes qui ont inspiré Rabelais par des géants très sympathiques. On peut tout mettre dans la catégorie « géant » semble-t-il du point de vue littéraire mais ça vaudrait la peine d’ en faire une étude plus précise. D’ autant plus que, comme dans tout problème de réflexion et de pensée, la langue joue un rôle fondamental. Nous discutions de termes qui pour certains n’ ont aucun contenu, pour d’ autres sont des termes sacrés, des mots qui ont des sens multiples et qui n’ ont leur véritable sens que dans un certain contexte. Mais on ne s’ en rend pas compte et donc, on se dispute, on s’ affronte ou on se met d’ accord sur des choses qui n’ ont pas de substance, qui n’ ont pas de consistance. Il y a combien de mots qui correspondent à des choses qui n’ existent pas. Et combien de choses qui existent, qui n’ ont pas encore trouvé leur nom peut-être. Il y a donc un problème de langage important. En fait, on peut dire que les problèmes que nous avons agités et d’ autres qui viendront illustrent l’ éternel débat, l’ éternel combat parfois même entre le cœur et la raison. Et sur ce plan, je voudrais terminer en vous donnant une référence que j’ ai beaucoup admirée. Si vous allez au Québec ou si vous passez par Montréal, essayez au moins de jeter un coup d’ œil ou d’ acheter ce livre qui n’ est pas trouvable ici ou difficilement comme toujours. Ce livre s’ appelle: La Mort. Il est signé de deux grands chercheurs Québécois, l’ un qui s’ appelle Richard Béliveau et l’ autre Denis Gingras. Mais ce qui m’ importe c’ est le sous-titre du livre: Mieux la comprendre et moins la craindre, mieux célébrer la vie. C’ est aux éditions du Trait-Carré paru en 2010 à Montréal et cerise sur le gâteau, ce livre scientifique extrêmement sérieux, magnifiquement illustré sur le plan esthétique se termine, tenez-vous bien, par quelques pages d’ humour. Un recueil de blagues sur la mort. Je trouve ça magnifique parce que c’ est de nouveau une victoire de la vie et ça me parait essentiel sur le plan philosophique. Je vous remercie.
Intervenant: Je voulais simplement, j’ approuve tout à fait ce que Monsieur Voisin vient de transmettre et je le remercie vraiment de la profondeur de son analyse et quelque chose de très symbolique, de sociétal, chaque fois qu’ il y a une profanation de cimetière, de voir à quel point l’ émotion populaire se manifeste, alors que pour une simple agression banale dans le coin d’ une rue il y a énormément moins d’ émotions déployées, je trouve ça sidérant.
Jean-Pierre Denefve:
Dans l’ ouvrage de Monsieur Monestier sur les monstres et qui a été de multiples fois réédité, présent ici à la librairie, il y a une liste de femmes géantes, mais cette liste est beaucoup moins longue, beaucoup moins élaborée. La période riche en géants de foire, 1870-1910, est aussi une période où la morale s’ est vite prononcée contre les exhibitions de femmes sur les foires en considérant que contrairement aux hommes, elles portaient atteinte aux bonnes mœurs. Et donc très vite, un certain nombre de dispositions ont été prises pour limiter cette exhibition. Je me souviens à Mons notamment quand j’ étais très jeune d’ avoir vu Rita, la femme la plus grosse du monde, se retirer derrière un paravent et faire semblant, probablement, de se déshabiller. Vous voyiez surgir une immense culotte sur le paravent. On peut imaginer qu’ en 1890 ceci pouvait provoquer un émoi que l’ église, pour la bonne moralité a tout de suite pointé. Pour introduire l’ intervention de monsieur Van Caenegem qui est conservateur du trésor et de la collégiale sainte Waudru, je rappelle qu’ en 2000 a eu lieu à Paris une exposition qui s’ appelait la mort n’ en saura rien, dont le commissariat était assurée par Yves Le Fur dans ce qu’ on appelait avant « le musée des colonies » et qui était en fait ce qui deviendra le musée du quai Branly. Cette pièce se trouvait dans l’ entrée, il s’ agit d’ un corps,-dont Benoit parlera- qu’ on appelle une fausse relique. Ce sont des reliques qui ont été exhumées sous les catacombes après le Concile de 30, reliques dont les os ont été montés par un orfèvre allemand d’ Augsbourg au 18 ème s. Ça nous rapproche de Julius Koch parce que cette relique-ci, Saint Pancras, se trouve dans l’ église de Will en
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