Intervenant:
C’ est intéressant ce que dit Jean-Pierre mais je pense que la justice, la science ou le pouvoir politique, ne peut répondre au problème qu’ au moment où on le pose, au moment où des groupes d’ avis ou de pression, disent: « je pense ça, je défends ça, j’ ai cette préoccupationlà ». A ce moment, la politique puis la justice s’ emparent du sujet. Je crois que c’ est peut-être un domaine qui n’ a pas été vraiment abordé. On peut saluer le travail qui est fait ici. La problématique s’ exprime maintenant et les gens vont pouvoir prendre leurs responsabilités en fonction de leurs différentes disciplines.
Michel:
J’ ai contacté Eeckman, mais il est tenu à un secret professionnel. Il m’ a quand même dit que l’ ensemble des objets prêtés par le musée d’ histoire naturelle, pour l’ exposition au Mac’ s, représentait un taux assez lourd, c’ est le taux qu’ on applique pour tout ce qui est taxidermie, taux d’ assurance beaucoup plus élevé que pour des objets d’ art. Mais il n’ a pas voulu me donner la valeur qu’ on avait donné au squelette de Constantin, de monsieur Julius Koch. Ceci fait partie du secret professionnel.
Bertrand Pasture:
Au Mac’ s, le géant Constantin avait été présenté au milieu des objets d’ autres collections de sciences naturelles du musée, des collections d’ os, d’ œufs, de nids, d’ insectes et d’ animaux naturalisés. Il n’ était pas mis là à titre d’ œuvre d’ art mais comme pièce d’ un musée de sciences naturelles, mais présenté dans un espace avec une vision scientifique. J’ ai collaboré au transport, à la préparation par des scientifiques anthropologues qui m’ ont aidé à l’ emballer correctement. Ce sont des spécialistes scientifiques qui sont venus encoder, photographier, mesurer, emballer, préparer le géant pour soutenir le déplacement. Tout a été fait de manière scientifique Pour moi il n’ y avait pas vraiment de problèmes, puisqu’ il est passé d’ un musée de sciences naturelles, au sein d’ un musée d’ art contemporain. La codification, « sciences naturelles » se retrouvait pour moi là-bas au Mac’ s.
Jean-Pierre Denefve:
Revenons à la question. Pourquoi il n’ y aurait-il pas intérêt à le classer? Pourquoi ne le classe-t-on pas?
Pierre Gillis:
Ce n’ est pas une question qui est du ressort des scientifiques en particulier. Ce qu’ on classe et ce qu’ on ne classe pas c’ est une question politique..
Philippe Di Folco:
Pour le classement, je ne sais pas comment vous faites en Belgique mais en France, il y a des commissions, un comité scientifique, des scientifiques et d’ autres personnalités mais ce ne sont pas des commissions politiques qui décident.
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