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Compétences
Il réfléchit et propose une règle, mais qui ne correspond pas encore à notre bâtiment de Nancy. Il continue pour le cas de la basilique, et cela se complexifie. On prend le 12 e, puis le 24 e de la proportion, pour arriver à retrouver l’ épaisseur des murs.
Évidemment, cette approche est issue de son analyse de l’ existant. Il est très content de cette règle, puisqu’ il dit: « Regardez, avec ma règle, la basilique Saint-Paul a des murs de 0,96 centimètre. Avec ma règle, on trouve 1 mètre. » Il faut qu’ une règle soit sécuritaire— la pensée de l’ ingénieur est toujours la même: « Tant mieux si cela surdimensionne un peu. J’ ai quelque chose de valable ».
L’ Eurocode et son DTU nous disent: « la résistance en flexion … ». C’ est le critère qui a été parlant pour nous, car le critère de compression était satisfait, tout comme le critère de cisaillement. On avait des interrogations, après le calcul, sur la résistance à la flexion de ces piliers. Nous avons donc la proposition de l’ Eurocode: « la résistance caractéristique d’ une maçonnerie à la flexion est de 0,10 mégapascal ». C’ est assez frustrant. Je m’ amuse un peu à critiquer une forme d’ obscurantisme des textes, encore au 21 e siècle, qui se veulent techniques et scientifiques. On ne sait pas de quelle expérience provient ce résultat proposé dans l’ Eurocode 6.
On arrive enfin à la deuxième règle, qui concerne la petite maison ordinaire de Nancy. Pour lui, dans une maison ordinaire— remettons les choses à leur place—, il faut que les hauteurs de plancher soient de 12 à 15 pieds. Cela fait 3,80 à 4,80 mètres de hauteur de plafond. On n’ y était pas. On se prête à l’ exercice. On trouve, en appliquant la règle de RONDELET, qu’ il nous faudrait, pour le projet de Christophe, des épaisseurs minimales de 47 centimètres de mur. Si on veut quelque chose de bien solide, on fait du 52 centimètres. On ne t’ a jamais parlé de cette approche, on l’ a abandonnée très vite, cela n’ allait pas.
On prend les normes de calcul d’ aujourd’ hui. Qu’ est ce qui conduit l’ ingénieur d’ aujourd’ hui, dans la conception d’ une solution en pierre? C’ est l’ Eurocode 6 et son annexe nationale, qui est le DTU 20.1, dédié aux maçonneries de petits éléments.
J’ émets un souhait très fort: que l’ on apporte une démarche scientifique un peu plus sérieuse dans les textes proposés. Démarche que l’ on peut trouver par exemple dans les codes américains. Quand on a une valeur qui nous dit que la résistance à la flexion d’ une maçonnerie est de 0,10 mégapascal, une référence bibliographique nous dit quel laboratoire, quelle étude a été menée pour établir cette valeur. Ce serait chouette pour nous aussi.
De même, quand on lit un texte normatif suisse, on a un texte d’ intelligence et de réflexion; cela fait du bien!
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Que dit le DTU? Tel que l’ avait pensé le complexe paroi-isolation, et comme Grégoire l’ a rappelé, si on a un mur de maçonnerie de pierre calcaire, il nous faut au minimum 30 centimètres d’ épaisseur. On ne peut donc pas s’ appuyer sur ce complexe paroi-isolation. On n’ arrivera pas à baisser à l’ épaisseur souhaitée. Il faut donc changer le complexe d’ isolation, en ajoutant une lame d’ air entre la paroi maçonnée et l’ isolant. On va alors passer dans un autre type de mur.
Nous sommes des ingénieurs du 21 e siècle. Cela fait un moment que les Lumières nous éclairent. On arrête avec les rapports de proportion. On parle de capillarité: comment la pierre sèche va-t-elle absorber l’ eau? C’ est une donnée physique qui va être intéressante pour le choix des pierres en soubassement. Ici, c’ était sur les murs. Par rapport à la pierre de Migné qui était employée, on pouvait se situer sur la deuxième ligne: on pouvait dépasser un peu les 20 centimètres rêvés par Christophe. Mais l’ ingénieur structures ne regarde pas que ce critère. Il dialogue avec l’ ingénieur thermicien pour cet aspect. Il va s’ appuyer sur des critères mécaniques. La science s’ appuie sur ce type d’ approche mécanique aujourd’ hui.
Pour nous, cela a été le critère. Je ne vais pas m’ appesantir.
Nous avons créé un bureau d’ études. Nous étions des enseignants-chercheurs. Par nos recherches sur les maçonneries, nous travaillions sur des modèles de calcul qui permettent de mieux caractériser le comportement de ces structures. C’ est ce que l’ on appelle la méthode des éléments discrets. On représente chacun des blocs et, par une loi d’ interaction entre chacun des blocs, qui peut être plus ou moins enrichie— on va s’ arrêter à un pur contact frottant—, on étudie les réseaux de force qui se développent dans ces maçonneries. Cela nous permet de justifier des appareillages particuliers et de garantir ainsi la stabilité de la structure et sa résistance.
C’ est Sébastien qui nous a fait ce modèle numérique, qui allait très bien avec notre
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