Contexte termes d’ activité pour le bâtiment? En ce qui concerne la construction neuve, on a fait, à dessein, des scénarios extrêmement contrastés pour avoir des fourchettes minimales et maximales. Le scénario 1 est un scénario de sobriété immobilière. C’ est un scénario où l’ on va mobiliser au maximum le bâtiment existant pour loger des gens. Si l’ on a 10 % de logements vacants dans le parc et 10 % de résidences secondaires, on va mobiliser ces logements pour de la résidence principale. On va jouer aussi sur les pratiques de cohabitation, notamment des personnes âgées, parce que l’ on sait que le point important en 2050, en termes de démographie, est le vieillissement de la population. Pour caricaturer, plus on vit vieux, plus on a tendance à vivre seul dans un grand logement, donc on a des enjeux de meilleure répartition des mètres carrés. Cela a l’ air très simple dit comme cela, mais vous voyez les enjeux associés à une société où l’ on répartit mieux les mètres carrés. Il y a également une baisse de la part des maisons individuelles dans la construction neuve. C’ est le scénario le plus sobre.
Associé à cela, le fait que l’ on aille revivre dans la diagonale des faibles densités permet de rééquilibrer le territoire, donc on peut réinvestir des logements vacants. Si l’ on fait la géographie des logements vacants en France, on tombe sur ces territoires où l’ on a vécu par le passé, mais où l’ on ne vit plus.
À l’ opposé, dans le scénario 3, on a eu une réflexion sur un nouveau haussmannien, c’ est-à-dire de la densification des grandes métropoles en France, associée à une destruction des premières couronnes. C’ est un phénomène qui est déjà à l’ œuvre à l’ heure actuelle, que l’ on voit très bien à Paris. C’ est donc de la démolition / reconstruction. années. Pour construire le même chiffre que durant les 30 dernières années, on a introduit une démolition / reconstruction dans nos scénarios. Pourquoi n’ est-ce pas la même chose que durant les 30 dernières années? On a un ralentissement démographique en France qui produit de façon tendancielle une baisse de la construction neuve. On a également pesé nos bâtiments en termes de tonnes de matériau nécessaires pour construire ces logements et on a regardé où ils pouvaient se localiser en termes d’ artificialisation. On a trouvé que seuls les scénarios 1 et 2 arrivent à baisser l’ artificialisation des sols au rythme requis par la loi Climat et résilience, c’ est-à-dire une division par deux à 2031.
Ce sont trois scénarios très différents avec des conséquences en termes d’ artificialisation, de demande de matériau et de construction. Dans les trois, on répond à la demande de logement, mais de façon extrêmement différente.
Je vais faire un zoom sur les matériaux biosourcés, notamment le bois et les isolants biosourcés. Dans tous les scénarios par rapport à 2015, on augmente énormément l’ utilisation de matériaux biosourcés parce qu’ il y a une augmentation de l’ appel à ces matériaux. Cependant, quand on a fait nos scénarios, on avait mis du bois partout parce qu’ on s’ était dit qu’ il fallait en mettre. Les collègues nous ont dit: « attention, pour mettre du bois, il faut en avoir ». Il faut donc faire attention à la capacité des forêts françaises à produire du bois. Avec le changement climatique, le bois met de plus en plus de temps à grandir, donc les forêts françaises captent beaucoup moins de carbone que ce que l’ on pensait. Il faut laisser du bois en forêt pour pouvoir capter ce carbone. On est sur une équation assez compliquée pour arriver à trouver le bon équilibre entre prélever le bois et laisser le bois en forêt pour capter le carbone.
On a un ralentissement démographique en France.
Le scénario 4 est le scénario tendanciel, qui donne des résultats très différents. En termes de nombre de logements— on a commencé la modélisation en 2015—, cela donne 4 millions de logements neufs dans un scénario 1, 12 millions dans un scénario 3 et 10 millions dans un scénario 4. Les 12 millions, c’ est ce que l’ on a construit durant les 30 dernières
De la même façon, les collègues qui travaillent sur le bois et le captage de CO 2 ont regardé ce que faisaient les produits bois en termes de captation de CO 2 dans les scénarios. Il faut regarder la petite part « Produits bois » sur les puits naturels. En 2050, qu’ est-on capable de capter dans les forêts, les sols, le bois? Dans tous les scénarios, la part des produits bois est minime par rapport aux sols agricoles qui restent agricoles et aux forêts qui restent des forêts, c’ est-à-dire aux espaces que l’ on n’ a pas artificialisés. Quand on parle du bois comme un élément de captage de
CO 2
, il faut avoir en tête que ce phénomène existe, mais qu’ il est d’ un second ordre par rapport à notre capacité, en tant que secteur du bâtiment, à ne pas artificialiser les sols.
Dans les scénarios, on a aussi l’ activité principale, celle sans laquelle on ne boucle pas la neutralité carbone: la rénovation des bâtiments. Cela veut dire deux choses. En ce moment, on parle beaucoup de la
19 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL