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Conclusion
On en revient un peu à la même chose: restaurer le patrimoine d’ hier, c’ est aussi apprendre à construire celui de demain. Aujourd’ hui, pour prendre un exemple, la maison que vous avez bâtie, ensemble, à Nancy, sera, je pense, encore debout dans 200 ans et fera partie du patrimoine.
Sur le sujet des artisans, le plus important, pour revenir sur la quête du sens, est de les informer des enjeux globaux, à quoi tout cela répond. Dans les métiers de la pierre, il est important que les tailleurs de pierre connaissent la différence des matériaux qu’ ils travaillent. Dans ce sens, on leur apprend la géologie, l’ histoire de la planète, comment elle s’ est formée. Par écoulement de cela, quand nos formateurs transmettent tous ces sujets de l’ ordre de la géologie, la connaissance des matériaux à nos jeunes, ils parlent aussi de dérèglement climatique et de l’ impact que cela va avoir.
Remettre tout cela dans un contexte global, dire qu’ il va être nécessaire de réhabiliter, parler de hausse des chaleurs et de confort d’ été, c’ est très important dans le milieu de la formation.
Sur « à quel coût », je n’ ai pas mieux à dire que toi, Dominique: au juste coût. Parfois, on peut se dire que la pierre locale est chère. Au final, c’ est le juste prix. Peut-être que l’ on ne payait pas le juste prix ailleurs.
À la fin, quand on a clôturé le chantier, le fils aîné de la cliente, qui adore sa future nouvelle maison, est venu nous voir en disant: « Moi, plus tard, je veux être maçon ou architecte ». Cela fait plaisir.
Mme Gauzin-Müller.
Merci beaucoup pour ce magnifique témoignage. On l’ a bien vu quand vous avez présenté tous les trois le projet: bien sûr, ce que les passants ont vu, c’ était la beauté de l’ architecture, la compétence, le savoir faire, le juste geste, etc., mais c’ était sans doute aussi le bonheur que vous aviez à faire ensemble, de la même manière que l’ on a vu tout à l’ heure le bonheur que vous aviez à présenter ensemble.
C’ est en cela que je suis tellement contente qu’ il y ait aujourd’ hui à la fois des architectes, sans doute quelques maîtres d’ ouvrage, des maçons, des tailleurs de pierre et des ingénieurs. C’ est seulement avec ce bonheur de faire ensemble que nous pourrons avancer et répondre à l’ enjeu majeur auquel nous allons devoir faire face dans les années qui viennent.
( Applaudissements.)
Mme Gauzin-Müller. Merci beaucoup.( Applaudissements.)
Mme Gauzin-Müller.
Je vais te laisser organiser la conclusion. Merci beaucoup, pour vos interventions.
M. D’ Elia.
Je voudrais ajouter une dernière chose, car le sujet porte sur un « choix sociétal ». J’ ai oublié de le dire pendant ma présentation: dans le chantier de Nancy, ce qui m’ a beaucoup marqué, ce sont les passants, dans la rue, qui s’ arrêtaient et disaient: « Waouh, c’ est de la pierre ». Beaucoup reconnaissaient la pierre et d’ autres ne croyaient pas que c’ était de la pierre, mais ils ont vu que c’ était quelque chose de différent qui les marquait, y compris la forme de l’ architecture. Cela les a marqués. Cela parle aux gens lambda, qui n’ ont pas forcément les codes d’ architecture ou de la construction ou de l’ histoire. Ils ont reconnu quelque chose. On a même créé des relations avec les passants, qui passaient tous les jours: « Cela avance! ». On discutait.
129 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL