Emploi
On peut considérer que l’ on forme une nouvelle génération de personnes qui, même si elles ne vont pas pratiquer le métier, seront sensibles à cela et vont valoriser ces métiers et les respecter. M. Le Bihan.
Les prendre en compte autrement dans leur quotidien et transmettre, par le biais de la ressource de ces projets, une approche et un regard.
Mme Becerra. Exactement.
M. Le Bihan. Bravo pour ce magnifique projet.
Mme Becerra. Merci.
M. Le Bihan.
Ce premier regard est, pour moi, un très bel exemple de stratégie d’ attractivité, pour faire le lien avec le titre de la table ronde, « Quelle stratégie d’ attractivité pour demain? ». Au-delà de l’ attractivité, c’ est une bonne stratégie de communication sur le long terme, sur les métiers et la perception que l’ on peut en avoir.
Je passe au deuxième exemple inspirant: Florent, tu es responsable de l’ Institut supérieur de la couverture. Vous avez développé un élément de court ou moyen terme, en termes d’ attractivité, dans votre métier. Il y a quelque temps, vous avez mené une étude sur l’ image du métier de couvreur.
Tu peux nous donner le contexte qui a impulsé cela? Pourquoi avez-vous décidé de mener cette étude sur l’ image du métier en couverture? des métiers qui génèrent beaucoup d’ attrait. Ils ont été orientés en juillet ou en août vers notre métier. Ils passent leur CAP de couvreur et finissent leur année jusqu’ au bout.
Nous avons donc ce problème d’ attractivité de notre métier. Il manquait 10 000 couvreurs en France, d’ après les chiffres d’ il y a un an et demi environ. Vu le peu que l’ on a formé, je pense qu’ il en manque encore 10 000 aujourd’ hui.
Mon prédécesseur a cherché à comprendre pourquoi ce manque d’ attrait pour le métier de couvreur. On a alors lancé une étude: que pensent les jeunes et les parents du métier de couvreur aujourd’ hui? Ils ont parcouru la presse, des sites professionnels d’ orientation, Google Images. On s’ est rendu compte de 5 points principaux: déjà, il y a une grosse réussite professionnelle chez les couvreurs. Quand on lit les articles, beaucoup de chefs d’ entreprise ont eu une réussite professionnelle. Cela fonctionne plutôt bien. C’ est un métier qui paye bien: cela ressort. La couverture est un métier qui paye très bien. Et c’ est un métier qui a du sens: mettre des personnes et des biens à l’ abri, cela a un sens.
En revanche, il y a deux autres points beaucoup plus négatifs: c’ est un métier dangereux et qui est difficile. Voilà ce que relève l’ étude, en cinq points.
M. Le Bihan.
Ce qui est intéressant, c’ est que vous arrivez à cibler les points durs dans votre étude, mais aussi les points qui relèvent de l’ imaginaire collectif. Un métier dans le bâtiment est un métier qui représente des dangers, même s’ il y a des moyens de se protéger des situations. Cette étude vous a permis de vous mettre en chemin, sur la façon d’ agir?
C’ est un métier essentiel à la société. Tout le monde a besoin d’ un toit. C’ est un sujet pour les filières: d’ avoir de la relève, des jeunes dans nos métiers. Cela vous a permis de vous mettre en chemin sur des actions à suivre, pour communiquer sur l’ image?
M. Cordier.
Le métier de couvreur est un métier méconnu et disparate en fonction de la région. Je viens d’ Angers. En Vendée, le département d’ à côté, c’ est le maçon qui fait la couverture. On parle d’ un métier méconnu.
En ce moment, dans les CFA des Compagnons, 385 jeunes sont en train de passer le CAP de couvreur. Sur ces 385 jeunes, seuls 40 % ont voulu être couvreurs. Pour les autres, il n’ y avait plus de place en charpente ou en menuiserie,
M. Cordier.
Oui, nous avons présenté l’ étude sur l’ image au congrès du Mans. Ce n’ est pas moi qui l’ ai présentée; c’ est Roxanne, qui est cheffe de projet en communication. Elle m’ aide à animer parfois cette étude. Elle avait déjà fait des recommandations sur la façon de mieux communiquer sur le métier.
On a présenté à l’ ensemble de la filière, lors d’ un comité d’ orientation de l’ Institut, à l’ Académie du Climat, cette étude. Les industriels ont dit: « C’ est très bien, on veut bien
109 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL