Classes estrella Departaments d'Italià | Page 16

Transcription: Nan, je suis crevée, mais en même temps je vais reprendre du poil de la bête. Ne vous inquiétez pas. Nan, nan, ça ne va pas se voir parce que, moi, ce qui me donne de l'énergie, c'est que ça me fait super plaisir d'être là. Voilà. Nan, je déconne, c'est pas vrai. Nan, nan, nan. Enfin si, ça me fait plaisir mais enfin je travaille quand même ! Vous, vous êtes au spectacle, vous êtes assis, tout ça, mais moi je bosse. Nan, mais c'est vrai : tous les artistes commencent leur spectacle comme ça « Waouh ! Ça me fait super plaisir ! ». Ça m'étonnerait que vous, vous arriviez au bureau, le matin à 9h : « Waouh ! Ça me fait super plaisir ! Ça va ? Je vais à la photocopieuse, ouais ! ». Nan, mais il faut dire que c'est quand même plus sympa comme travail. Nan, mais je dis ça parce que je sais de quoi je parle, parce qu'à une époque, je travaillais aussi. Comme vous, j'avais un vrai travail, quoi. C'est à dire que j'avais un bureau, pareil, avec tout ce qui faut : un ordinateur, un pot à crayons, un presse papier (waouh !), un collègue avec des pellicules sur sa veste... C'était sympa ! Nan, c'était bien. En plus, moi je me suis bien marré. Il y avait juste un truc que je n'aimais pas, enfin qui était terrible pour moi, c'était les horaires. Enfin les horaires matinaux, hein ! Ouais, nan, parce que sinon, tout ce qui était horaires de fin de journée, par exemple, ça j'étais très ponctuelle, je n'avais pas de problème avec ça. J'étais dans les premières, comme ça, prête. Mais le matin, nan. Le matin c'était terrible parce que l'heure officielle d'arrivée sur mon contrat, c'était 9h normalement... Enfin je crois... Oui, 9h. J'ai jamais réussi en fait. Oui, nan, parce que, je ne sais pas si ça vous fait ça à vous aussi le matin, mais vous êtes euh... Vous êtes en retard, vous êtes chez vous, vous speedez et tout, vous êtes censés commencer à 9h, mais tant que le réveil chez vous n'affiche pas 9h pile, vous croyez toujours que vous allez pouvoir vous en sortir. Hein ? Genre, il est 8h57, t'es au lit, pas lavée, pas maquillée, pas caféinée, rien, et tu crois que tu vas pouvoir y arriver, en 3 minutes. « Pfff ! 8h57 ? Je suis large ! Je peux le faire. Si, je peux le faire : je ne me lave pas, je ne me maquille pas, j'enfile une djelabba, je peux le faire ! Je suis un petit peu en avance, je vais dormir jusqu'à 58. ». Et alors, c'est bizarre comme les minutes défilent le matin ! C'est quand même fou ! On dirait qu'il y a un mec qui se fout de notre gueule et qui passe les secondes ! Ça m'énerve ! Bon, bref, c'est toujours pour ça que j'arrivais... J'arrivais à 11h quoi. Alors ça, ça craint ! Alors si ça vous arrive, si vous arrivez à 11h un jour au bureau, essayez de faire croire que vous êtes sur les lieux depuis 2h déjà. Vous n'arrivez pas à 11h avec le manteau, les clés de bagnole, le sac à main et tout, comme ça, en speed. Nan ! Ha bah nan ! Il faut arriver bien actif, bien décoiffé, des tâches d'encre sur les doigts, un bloc sous le bras : « Ça va les gars ? Hein ? Ah, si, si, j'étais là, à la compta là. Ils m'ont gardé pendant 2h. Ils sont cons ces comptables ! Tu vas bien ? Très bien. Nan, pas de café, ça va : j'en ai déjà bu 5 ! ». Avec la grosse marque de l'oreiller, là, comme ça. Ça c'est affreux ! Moi, de toutes façons, il y avait toujours un truc qui finissait par me trahir quand même – je veux dire, marque de l'oreiller ou non – c'était ma voix. Ah oui nan, parce que mon bonjour du matin, que ce soit 9h ou 11h, c'est « Bonjour ! Ça va ? Ah oui, très bien ! ». Donc là, j'étais rapidement grillée. Ah, il y avait un