le budget alloué à la défense en temps de paix et même d’ envoyer des troupes en Corée et d’ autres à participer aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. Le Canada avait donc besoin de nouvelles installations militaires: bases, arsenaux maritimes et aérodromes classiques, en plus d’ un nouveau réseau de stations radars, qui allait bientôt permettre de signaler à l’ avance une attaque aérienne contre l’ Amérique du Nord.
Ainsi, le MDN avait besoin de travailler avec une organisation en mesure de gérer et de superviser la construction de ces installations. En avril 1965, devant l’ Association des ingénieurs-conseils du Canada, le président de CDL de l’ époque, Alan « Joe » Goldworth Bland décrivait ainsi les débuts de la Société:
On avait décidé d’ investir quelque 100 millions de dollars sur deux ou trois ans dans un programme accéléré. Aucun ministère ou organisme de l’ époque n’ étant en mesure de gérer un tel programme, le gouvernement s’ est tourné vers l’ un des protégés de l’ honorable C. D. Howe, une société d’ État qui pourrait agir sans devoir se conformer à la Loi sur le service civil, embaucher des personnes-ressources provenant de l’ industrie et se mettre rapidement au travail, et qu’ on pourrait dissoudre aussitôt le programme accéléré terminé. Ce programme représentait la plus importante concentration de dépenses fédérales en conception et en construction à ce jour.
La naissance de Construction de Défense Limitée Jusqu’ à la fin des années 1940, c’ est la Corporation commerciale canadienne qui s’ était chargée de répondre aux besoins de construction du MDN. Or l’ organisation ne disposait ni du personnel, ni de la répartition géographique, ni de l’ expertise spécialisée permettant d’ encaisser le vaste programme qu’ on s’ apprêtait à mettre en œuvre. On ne pouvait non plus compter sur le ministère des Travaux publics, auquel il aurait fallu deux, voire trois ans pour embaucher tout le personnel nécessaire conformément aux procédures gouvernementales. Cependant, le temps était compté, même pour la création de nouvelles organisations. C’ est pourquoi le gouvernement s’ est tourné vers Wartime Housing Limited, une autre société d’ État, afin qu’ elle serve de structure administrative à partir de laquelle créer Construction de Défense Limitée( CDL).
Malheureusement, Wartime Housing étant inactive, elle n’ avait aucune structure de supervision des travaux de construction en place à l’ échelle nationale. Puisque la Société centrale d’ hypothèques et de logement( SCHL) en avait une, elle, on l’ a appelée à la rescousse afin qu’ elle devienne l’ organisme de gestion de l’ exploitation et des finances de CDL. Cette utilisation de la SCHL, et en particulier de son personnel et de ses structures administratives, s’ avérera une des clefs de voûte des plans initiaux de construction de défense et assurera l’ efficacité de CDL en tant qu’ entreprise. Au même moment, le gouvernement attribuait au ministère de la Production de la défense, dont le nouveau ministre était C. D. Howe, la fonction de spécialiste de la passation des marchés pour les Forces armées canadiennes et les pays étrangers souhaitant acheter des fournitures militaires auprès de l’ industrie canadienne.
En novembre 1950, les cadres supérieurs de la SCHL et du ministère du Commerce passaient déjà à l’ action pour créer CDL. Le 22 novembre, le Cabinet autorisait le changement de nom et concluait une entente avec la SCHL afin qu’ elle fournisse la gestion, la supervision et d’ autres services, de même que les fonds de roulement. Ensuite, CDL a pu créer une structure de consultation: l’ Armée de terre, la Marine et la Force aérienne ayant des besoins propres, CDL a affecté, à chacune d’ elles, un ingénieur dirigeant.
L’ administration fédérale a demandé que Richard Golding « Dick » Johnson, directeur général de l’ Association canadienne de la construction, soit « prêté » à CDL pour en être le premier président. Lors de l’ allocution qu’ il a prononcée au souper organisé à
Bâtir sur l’ innovation Construction de Défense Canada
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