[ voyage ] compagnons 23
Pose d’ un habillage de fenêtre pour un futur bungalow.
On ne peut pas imaginer la variété des enseignements du séjour tant qu’ on ne les expérimente pas soi-même sur place. À mon arrivée, j’ étais pourtant terrorisé. Mon trajet de trois jours en taxi-brousse et ses deux crevaisons ne m’ avait pas rassuré! Mais, une fois arrivé, j’ ai été entouré et j’ ai plongé dans l’ inconnu. On s’ aperçoit alors que cette peur n’ était pas fondée, mais uniquement suscitée par une méconnaissance du pays.
Actuellement, ce qui me manque le plus, ce sont mes proches et mes loisirs en France. J’ ai fini par me remettre à lire, ce que je pensais impossible. La diversité d’ activités dans notre pays me manque aussi: les expos, les concerts, les festivals, le cinéma … Je me rends compte des avantages de vivre en France. Les Malgaches n’ ont pas la chance de connaître et d’ accéder à une telle diversité d’ activités et de loisirs.
Au début de mon séjour, je faisais beaucoup de randonnées, mais j’ ai dû arrêter à la saison des pluies. Je fais du snorkeling avec les tortues et je pêche de temps en temps. Je vais parfois au petit bar sur la plage, je visite la région. La faune et la flore ici sont incroyables. On a vraiment l’ impression de marcher dans la jungle de Jurassic Park: tous les mètres, il y a des mygales, des caméléons, des serpents non-venimeux( parfois même dans l’ évier), des insectes, des singes …
Heureusement, malgré la diversité de sa faune et de sa flore, Madagascar ne possède que peu d’ espèces venimeuses ou dangereuses.
ON NE PEUT PAS IMAGINER LA VARIÉTÉ DES ENSEIGNEMENTS DU SÉJOUR TANT QU’ ON NE LES EXPÉRIMENTE PAS SOI-MÊME SUR PLACE.
CE QUE JE RAMÈNE( ET OÙ JE VAIS) Jusqu’ à fin juin, je veux explorer davantage Madagascar. Ma famille va me rejoindre, et j’ ai envie de lui faire découvrir la diversité de ce pays immense: ses paysages, ses cultures, ses contrastes... Maintenant que je suis installé, j’ ai l’ impression de pouvoir enfin prendre le temps d’ observer et de comprendre ce pays.
Mais au-delà des paysages et des animaux, ce que je regretterai, ce sont les Malgaches: leur bonhomie, leur musique, leur façon simple de dire bonjour. Vivre ici donne une vision radicalement différente du monde. Cette expérience confirme des envies que j’ avais déjà: le désir de vivre à la campagne, d’ avoir mon propre rythme, d’ être indépendant, de produire ce dont j’ ai besoin. Sur le plan professionnel, je repars avec des certitudes: travailler dans des petites structures, manipuler du bois massif, prendre des responsabilités sans sacrifier ma qualité de vie.
Je suis trop attaché à la France pour m’ expatrier, mais cette immersion me donne encore plus envie de voyager. Quand je reviendrai m’ installer, ce sera en Alsace, dans le vignoble colmarien, mon véritable port d’ attache.
À un itinérant qui hésite, je dirai simplement: « Fonce! Va te dépayser. Sors du cocon occidental. Tu reviendras différent, plus souple, plus attentif et peutêtre plus heureux. »
Propos recueillis par Marie-Laure Gendron
# 358 / Mai- juin 2026