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© Jules Despretz prises qui peinent à recruter en savent quelque chose: restreindre les viviers de talents, c’ est freiner l’ innovation, ralentir le progrès et s’ exposer à des difficultés durables.
Les freins restent nombreux. Ils s’ appellent « représentations », « habitudes », « pesanteurs culturelles »... Mais ils se traduisent aussi par des contraintes très concrètes. La réglementation impose par exemple des vestiaires et sanitaires séparés, ce qui peut représenter une difficulté pour de petites entreprises ou des chantiers mobiles. L’ absence d’ équipements adaptés( tenues de travail, outils ergonomiques...) peut également décourager l’ arrivée de nouvelles recrues.
Les Compagnons du Devoir, aussi chefs d’ entreprise et responsables d’ équipes, savent combien ces questions pratiques comptent. Certains ont déjà trouvé des solutions simples et efficaces: aménagement de vestiaires modulaires, adaptation de l’ outillage, organisation différente des espaces et des temps de travail. Les témoignages recueillis montrent que, loin d’ être insurmontables, ces ajustements contribuent à améliorer les conditions de travail de tous et toutes et renforcent l’ attractivité des métiers auprès des jeunes générations.
Mais la mixité ne se limite pas aux équipements ou aux infrastructures. Elle implique une transformation profonde des mentalités, de l’ accompagnement et de la formation. Il s’ agit de déconstruire les stéréotypes dès l’ école, de valoriser les parcours variés, de donner à chaque jeune la confiance nécessaire pour se projeter dans un métier, quel qu’ il soit. Cela suppose un engagement continu, un dialogue constant avec les familles, les enseignants et les entreprises.
LES FREINS RESTENT NOMBREUX. ILS S’ APPELLENT « REPRÉSENTATIONS », « HABITUDES », « PESANTEURS CULTURELLES »...
Cet engagement, nous le portons déjà à travers plusieurs initiatives:
ʼn Le parrainage: chaque jeune peut être accompagné par un professionnel expérimenté, homme ou femme, pour guider son parcours et répondre à ses interrogations;
ʼn Les journées de découverte: ces rencontres dans les écoles et lycées permettent aux filles et aux garçons de découvrir différents métiers, sans préjugé;
ʼn La valorisation des parcours inspirants au travers de témoignages vidéo, de rencontres avec des professionnels ou encore de publications sur nos réseaux pour donner des modèles visibles aux jeunes.
Ces initiatives doivent aujourd’ hui s’ amplifier, se structurer, devenir une culture partagée. Car la mixité, ce n’ est pas simplement compter les présences. C’ est garantir à chacun une vraie place, une voix, un avenir. Parce qu’ au fond, œuvrer pour la mixité, c’ est croire en ce que nous transmettons depuis toujours: que le métier est un lieu d’ émancipation. Et que cette émancipation ne saurait être réservée à quelques-uns. Elle doit appartenir à tous.
Elle est aussi une promesse pour demain: un avenir où les compétences primeront sur les préjugés, où chaque jeune pourra se réaliser pleinement, où nos métiers continueront à se réinventer grâce à la richesse des regards et des expériences. La mixité est une force collective, un levier de performance, un moteur de cohésion et de sens. Ensemble, faisons-en une réalité partagée, au service d’ une société plus juste et plus forte.
Patrick Chemin Patrick le Dauphiné
Secrétaire général
# 353 / Septembre 2025