10 compagnons [ métier ]
© Thierry Malty
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Restauration des feuillages composant les chapiteaux.
Opération de restauration de la patine sur les chevaux.
Opération de finition sur les trappes réalisées sur la croupe des chevaux. Dépose d’ un des chevaux composant le quadrige.
l’ édifice. Son aurige en plomb, représentant Napoléon 1 er, a été déposé en 1809. Il est conservé au sein des collections du musée du Louvre depuis 1999. L’ actuel ensemble équestre a été fondu en 1828, selon le modèle conçu par le sculpteur François-Joseph Bosio. Enfin, les chapiteaux et les bases des colonnes ont été mis en place dès la construction de l’ arc.
La grande particularité de la restauration des Renommées a été la prise en compte de l’ exposition des intervenants aux risques de toxicité pouvant être occasionnés par le plomb dont elles sont constituées. De ce fait, avant toute intervention, un protocole plomb très rigoureux a été mis en place. Pour les raisons évoquées précédemment, les Renommées ne pouvaient pas être restaurées sur site comme les bronzes: la logistique mise en œuvre aurait été trop complexe, coûteuse et vraisemblablement moins efficace. En conséquence, afin de répondre aux exigences sanitaires en vigueur aujourd’ hui, l’ ensemble des travaux de restauration de 2022-2024 ont été conduits au sein des ateliers de restauration de la fonderie de Coubertin, possédant les équipements adaptés pour traiter le plomb ornemental.
Compte tenu des pathologies que présentaient les deux Renommées, des cages métalliques de maintien, sollicitant uniquement les bases des sculptures, ont été conçues sur mesure. Les statues ont été soulevées à l’ aide de crics à talon afin d’ avoir une hauteur suffisante pour insérer les poutrelles de sous-face du châssis. Les opérations de dépose ont été réalisées avec l’ aide d’ une grue télescopique de 60 tonnes. Les deux sculptures ont ensuite été déposées sur une remorque surbaissée, puis acheminées vers les ateliers de la fonderie de Coubertin à Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
CES ENSEMBLES TÉMOIGNENT DES ÉVOLUTIONS ET DES CHOIX TECHNIQUES DU TRAVAIL DU MÉTAL DEPUIS LEUR CRÉATION AINSI QU’ AU COURS DES DIFFÉRENTS REMANIEMENTS OPÉRÉS ET MOTIVÉS PAR DES RAISONS POLITIQUES ET / OU DE CONSERVATION.
La restauration en atelier a en outre permis de positionner horizontalement les deux sculptures afin de faciliter la réparation des fissures. Pour ce faire, une coque de maintien en plâtre armé, solidaire de la cage métallique, a été conçue pour chacune d’ elles.
UNE RESTAURATION APPROFONDIE DES RENOMMÉES Dans un premier temps, les agrafes en fer au niveau des hanches des Renommées ont été extraites. Les fissures ont été ouvertes afin de créer un chanfrein en « V » et, ainsi, de réaliser une soudure à cœur pour une meilleure solidité. Pour assurer une résistance supplémentaire à cette réparation, de nouvelles agrafes de
section circulaire en acier inoxydable ont été insérées dans des réservations afin qu’ elles soient noyées dans la soudure et invisibles, après finition. L’ assemblage a été réalisé selon le procédé de soudage oxyacétylénique avec l’ apport de plomb pur. Le surplus de soudure a été éliminé et repris en ciselure, afin de faire disparaître toute trace de ces interventions et de récréer le modelé des drapés. Les armatures internes en alliage ferreux accessibles ont été protégées par un vernis gras à base de résines de type alkyde et d’ huile végétale dans un solvant.
Initialement, le marché de restauration prévoyait une retouche en dorure de 20 %, mais les interventions nécessaires sur la structure des Renommées ont amené à faire le choix de reprendre l’ ensemble de la dorure des deux sculptures. Le nettoyage des surfaces a été réalisé par hydrogommage avec l’ emploi d’ abrasif minéral. L’ emploi de l’ eau a permis, d’ une part, de contrôler l’ action de l’ abrasif, de préserver la surface ainsi que le modelé et, d’ autre part, de limiter la dispersion de poussière de plomb.
La dorure à la feuille des deux sculptures a été réalisée dans les ateliers de restauration de la fonderie de Coubertin par les Ateliers Giordani( 76). Sept couches successives de peinture de nature époxy ont été appliquées: deux couches de primaire dites « d’ accroche » de couleur grise et cinq couches de peinture ocre. Après l’ application de la mixtion à l’ huile siccative, des feuilles d’ or 23,5 carats neutres du batteur d’ or Norris ont été posées sur les sculptures, puis épous-
# 351 / Juin 2025