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UN SÉMINAIRE QUI CULTIVE la curiosité

Les 31 janvier et 1 er février 2025, le séminaire des vignerons s’ est tenu au château Pichon Longueville Comtesse de Lalande et à la maison des Compagnons de Bordeaux. Cet événement qui a lieu tous les ans fin janvier est une occasion pour les vignerons de se retrouver, d’ échanger sur le compagnonnage, de comprendre le fonctionnement de l’ association et d’ élargir leurs horizons professionnels.

L e séminaire a débuté par une rencontre au château Pichon Longueville Comtesse de Lalande, situé dans l’ appellation Pauillac à Bordeaux. Créé au xix e siècle, ce domaine viticole prestigieux, classé deuxième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, doit grandement sa renommée à la comtesse de Lalande, sa propriétaire à l’ époque. Notre groupe était constitué de 9 vignerons- apprentis, Aspirants et Compagnons- ainsi que de Normand Abraham, responsable de l’ Institut des métiers du goût.

UN CHÂTEAU POUR CADRE De nombreux intervenants ont abordé divers thèmes lors de notre visite. Louis Mahieux, apprenti vigneron, ne s’ attendait pas à un accueil d’ une telle qualité.
François Taris-Loiry, responsable du vignoble, nous a accueillis avec un discours sur les traditions et les innovations dans le métier et le domaine: « On s’ inspire du passé pour écrire l’ avenir ». Il a évoqué les grands enjeux du domaine et de la viticulture, tels que le changement climatique, la remise en question des processus de production pour des vins plus fidèles au terroir ainsi que l’ évolution des pratiques et de la vision du vin qui replacent la typicité du terroir et le bien-être de l’ humain au centre de son process de fabrication.
Explication du soutirage des barriques par l’ équipe du domaine.
La journée, placée sous le signe de la modernité et de la tradition par cette allocution, a inclus la visite du chai et des vignes et nous a permis d’ écouter des interventions sur la biodynamie et la viticulture de précision, qui adapte les pratiques viticoles aux nouvelles technologies. Stéphanie Danglade, responsable œnologue QHSE, et Xavier Pallu, maître de chai, nous ont fait découvrir le chai neuf, impressionnant avec sa cuverie étincelante et ses cuves d’ essais remplies de capteurs de mesure. Dans le chai à barriques, des employés équipés de bougies réalisaient un soutirage à l’ esquive, illustrant encore une fois la combinaison de modernité et de tradition.
Benjamin Doursout, deuxième chef de culture, nous a expliqué également les principes de la biodynamie, souvent source de débats entre mysticisme et techniques écologiques. Diverses pratiques ont été testées au domaine et les résultats de huit années de recherche nous ont été exposés, nous informant d’ une amélioration de la qualité des sols, mais aussi d’ une sensibilité accrue de la vigne aux maladies. Julien Blanquet, chef de culture, nous a ensuite montré un enjambeur semi-autonome, tracteur capable de réaliser la plupart des travaux du sol sans conducteur, bien qu’ un professionnel soit nécessaire pour vérifier les réglages et le bon déroulement des
# 349 / Mars-avril 2025