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voyage compagnons 25
notamment les heures de pause et de repas : une première collation à 10 h , le repas vers 13 h et le dîner vers 18 h . Je confirme que les recettes locales ne sont pas très appétissantes , excepté le fish & chips , goûteux mais très gras . Je me suis tout de même laissé tenter par une habitude culinaire locale : le thé au lait …
Languedoc sur son premier chantier local . Un chantier à Richemond Park .
J ’ aime Londres , une ville parsemée de parcs , 15 fois plus grande que Paris , et la City en particulier avec son atmosphère tourbillonnante . Si je devais résumer le lieu en peu de mots , ce serait : une ville si pleine de vie ! La tradition côtoie la nouveauté en un superbe contraste ! J ’ allais souvent embaucher en vélo , mais je me suis fait percuter trois fois ! Les accidents sont courants et ce sera le seul mauvais souvenir que je garderai de ce séjour . leurs outils , il en existe un introuvable en France , affublé d ’ une sorte de bec de canard pour faire des trous , mais je ne l ’ ai pas trouvé révolutionnaire ! Ce qui m ’ a interpellé , c ’ est leur utilisation de transformateurs pour faire baisser la tension des machines de 220 volts à 110 volts , l ’ idée étant de préserver la sécurité des utilisateurs . Cette obsession des Anglais pour la sécurité peut parfois compliquer les choses , puisque pour certains chantiers il faut être certifié !
Étant self employed , j ’ embauchais directement sur les chantiers . Mon patron considérait qu ’ il perdrait de l ’ argent si j ’ allais chercher mes outils , donc un salarié de Belderbos avait pour mission de livrer l ’ outillage et les matériaux sur les sites . Il est même arrivé que des outils me soient ramenés par des taxis ! Des personnes non-qualifiés venaient tout spécialement sur mes chantiers pour récupérer les déchets et « pousser des brouettes », ce qui me gênait , puisqu ’ avoir un tâcheron ne coïncide pas avec les valeurs compagnonniques . Parfois , le manageur ou les architectes venaient sur place échanger avec nous , mais la plupart du temps mon binôme et moi-même gérions nos chantiers en toute autonomie . Nous passions nos commandes par téléphone selon nos besoins . Au final , je n ’ ai presque pas mis les pieds dans les locaux de Belderbos , à part pour des formations et un ou deux repas avec mes collègues .
Je travaillais 40 heures par semaine , mais le temps de travail est au bon vouloir de chacun ; si j ’ avais voulu faire des heures supplémentaires , c ’ était possible . Je touchais un pourcentage sur mes chantiers et , selon les temps d ’ avance , il y avait un bonus à la clé . Mais désireux de découvrir le pays et ayant rencontré au début de mon séjour ma compagne , Française à Londres comme moi , je souhaitais préserver du temps libre .
J ’ AIME L ’ ANGLETERRE , SES TRADITIONS , SES CITOYENS ET LEUR HUMOUR PINCE-SANS-RIRE .
Pour l ’ anecdote , j ’ ai travaillé dans l ’ une des propriétés de David Beckham où j ’ ai dû donner mon téléphone , car il se méfie des gens vendant des photos . J ’ ai vu beaucoup de belles propriétés avec jardin en plein Londres : mon dernier chantier atteignait le demi-million … La dernière maison où j ’ ai travaillé à Sunny Side était estimée à 27 millions de livres … La propriétaire , très sympathique , nous offrait régulièrement le thé . J ’ ai rencontré des personnes très aisées , mais humbles et respectueuses des autres .
UN PAYS OFFRANT TANT À VOIR Si le mode de vie anglais ne diffère pas énormément du nôtre , la mentalité est tout autre là-bas ! Les Anglais sont très ouverts d ’ esprit : une personne en costume cravate peut en fréquenter une autre avec une crête rose , sans qu ’ il y ait de jugement de part et d ’ autre . Les Anglais se font plutôt une idée sur une personne selon son comportement ; l ’ on se sent du coup plus à l ’ aise là-bas qu ’ en France . Le rythme de vie est très cadré ,
Premier Aspirant , je faisais le lien entre tous les itinérants et les sédentaires sur le sol britannique . Ainsi , j ’ ai bougé depuis le sud-ouest du pays ( à Portsmouth , où les itinérants suivent des cours de langue à leur arrivée ) jusqu ’ à York et même en Écosse . À chaque fois , j ’ ai fait d ’ une pierre deux coups : je venais rencontrer les jeunes et je découvrais les lieux . Bien sûr , je n ’ ai pas pu me déplacer auprès de tous et le téléphone a fait parfois l ’ affaire ! J ’ ai pu visiter le musée naval de Portsmouth , une belle ville chaleureuse me rappelant un peu le « Sud ». J ’ ai aussi eu la chance de découvrir les mythiques jardins botaniques royaux de Kew Gardens à l ’ ouest de Londres , avec leurs serres tropicales et des espaces paysagers immenses . J ’ ai pu aussi me rendre au Greenwich Garden dans la banlieue sud-est de Londres sur le fameux méridien , ainsi qu ’ au Richmond Park , un parc naturel ( le plus grand de la capitale ) où des accès motorisés et piétons sont aménagés à proximité de troupeaux de cerfs et de biches .
J ’ aime l ’ Angleterre , ses traditions , ses citoyens et leur humour pince-sans-rire . Ce que je n ’ apprécie pas par contre , c ’ est son climat : vous pouvez voir les quatre saisons en une seule journée ! Même si ce pays me plaît énormément , étant très « famille », je ne me vois pas m ’ y sédentariser . Je pourrais en revanche envisager de retourner y travailler un ou deux ans , car j ’ ai vraiment adoré cette année londonienne …
Julien-Anton Clavel dit Languedoc
Aspirant jardinier-paysagiste
# 309 / Juillet-août 2021