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12 compagnons voyage
Avec l ' aide de Nadine , organisatrice du séjour aux côtés du prévôt , nous avons été approvisionnés pendant toute cette période au niveau alimentaire et initiés à la culture anglaise . Pour beaucoup d ' entre nous , cela a été l ' occasion de partager des conseils d ' ordre administratif et d ' échanger nos contacts . Cet enfermement obligatoire n ' a pas été simple à vivre : nous avions tous hâte d ' être enfin lâchés dans les îles Britanniques après ces trois semaines de remise à niveau linguistique !
Lors de la troisième et dernière semaine de cours du programme , nous étions en famille d ' accueil , toujours à Portsmouth . Généralement logés par deux , nous avons pu assister aux cours de façon plus traditionnelle , rencontrer nos professeurs et visiter la ville librement . Pendant notre temps libre , après l ' isolement sanitaire , nous avons notamment passé tous ensemble une journée à Londres un week-end . Cette installation en deux temps nous a permis de faire connaissance les uns avec les autres plutôt que d ' être immergés immédiatement dans un univers complètement anglophone .
DES PROJETS PROFESSIONNELS TRÈS SATISFAISANTS Suite à cela , j ' ai d ' abord trouvé un appartement en colocation avant de m ' installer ensuite dans une petite maison à la campagne . J ' y habite avec un jeune couple d ' Italiens et leur fille de quatre ans , avec qui je viens de fêter Noël , pour mon plus grand bonheur . Je travaille dans une toute petite entreprise de menuiserie , à un quart d ' heure à pied de mon logement . À part moi , il n ' y a qu ' un ouvrier et mon patron . À noter que , en plus d ' être peu nombreux , aucun n ' est d ' origine écossaise à proprement parler ; il n ' y a que des continentaux .
Le travail , très intéressant d ' un point de vue technique , est destiné à des particuliers . J ' ai la chance de travailler sur de beaux projets et l ’ on m ' a tout de suite fait confiance . Ces derniers mois , j ' ai pu travailler sur un escalier balancé en chêne massif pour un château ou encore sur un bureau courbe en noyer . J ' apprends des techniques que je n ' ai jamais eu l ' occasion de pratiquer ailleurs et je suis très satisfait des projets en général . Contrairement à toute attente , le vocabulaire professionnel m ' est très vite venu . Mes relations avec mes collègues sont très bonnes ! Nous
Dans l ' atelier de son patron , Liégeois en train de déligner une étagère .
avons fêté Noël autour d ’ un repas au sein de l ’ entreprise , dans une ambiance chaleureuse .
UN PEUPLE ACCUEILLANT Je suis sous le charme de la mentalité des locaux . Les Écossais sont très chaleureux et savent accueillir . Par exemple , j ' ai fait un service après-vente chez un client qui , après s ' être intéressé à ce que je venais faire en Écosse , m ' a imprimé une liste des randonnées qu ' il me conseillait dans le pays ! Le plus difficile à vivre dans ce séjour est l ' absence de soleil . En effet , lorsqu ’ on est enfermé dans un atelier , les longues nuits d ' hiver du nord sont pénibles . Il faut dire qu ' il y a un décalage d ' une heure et demie entre la durée du jour en Écosse et celle de Paris ! Malgré mes origines belges , la météo impacte parfois mon moral .
Il y a beaucoup de différences entre les Français et les Écossais . Ces derniers notamment se prennent beaucoup moins la tête pour tout un tas de choses . Ils vont souvent poliment droit au but et ont une approche du travail beaucoup plus pragmatique , mais que l ' on jugerait non-professionnelle en France . J ’ ai en tête l ' exemple d ' un peintre qui rafraîchissait un mur sur lequel était fixée une tablette . Il reculait régulièrement pour regarder l ' ensemble . Quand on lui a demandé si c ' était pour vérifier que la peinture était bien appliquée partout , il a répondu en toute simplicité que c ' était pour voir jusqu ' où se voyait le mur sous la tablette , afin de ne pas s ’ embêter avec ce qui ne se voyait pas .
DES PLANS PERTURBÉS Tant que les restrictions sanitaires le permettent , je visite de beaux endroits sauvages le plus loin possible des villes . Je suis passé notamment une fois ou deux dans une ferme proche des Cairngorms ( réserve naturelle montagneuse ) où logent deux Aspirants charpentiers ; je pense que c ' est un cadre de rêve pour n ' importe quel itinérant . Sinon , je passe du temps avec ma famille d ' accueil et j ' apprends l ' italien en plus de l ' anglais !
Nous sommes trois Aspirants à Édimbourg et nous nous voyons parfois autour d ' un verre . Cela fait toujours du bien d ' entendre sa langue maternelle de temps à autres . Cependant , j ' essaie de rencontrer le plus de monde possible . Ce que j ’ apprécie vraiment par rapport à mon vécu en France , c ' est de côtoyer des itinérants de différents corps de métiers . Malheureusement beaucoup de musées , de distilleries et de lieux d ' échanges sont fermés . Je n ' ai pas encore pu aller dans un pub par exemple , et je ne cache pas ma déception ! Je n ' ai pour l ' instant pas profité de la « vraie » Écosse dont m ' ont parlé les anciens sur place .
À part continuer à apprendre dans mon entreprise et préparer mon retour en août prochain en France , je vais essayer de profiter le plus possible des beaux endroits du pays . J ' aimerais bien découvrir un maximum de munro ( nom désignant des sommets de plus de 3 000 pieds ) et j ' attends avec impatience la réouverture des pubs en ville !
# 304 / Février 2021