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Carnet de voyage
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A cause de tout cela, nous avons vraiment du mal à apprécier la ville, pourtant magnifique. rachat de leur boutique ou en les menaçant. Ces derniers ont tenu bon. Ils sont très gentils et nous offrent le thé. A ce moment-là, de jeunes colons habillés de noir et blanc et armés se mettent à chanter un chant hébreu en frappant des mains quand ils passent devant notre groupe. L’ ambiance est tendue. Pratiquement tous les commerces sont fermés dans cette zone, pourtant anciennement la plus animée. C’ est très frappant dans la rue des martyrs, rue qui traverse toute la vieille ville, fréquentée à la fois par les colons israéliens et les Palestiniens. Les maisons palestiniennes y sont entrecoupées de maisons « réquisitionnées » par les colons. A certains endroits, un filet ou un grillage est tendu au dessus de nos têtes pour protéger les Palestiniens des objets que leur lancent les colons depuis leurs fenêtres. De nombreuses affiches de‘‘ martyrs’’
Adresses et liens
Association d’ Échanges Culturels Hébron France: Adresse: P. O. Box 635, Hébron, Palestine Téléphone / fax:( 00 970 2) 222 48 11 Courriel: info @ hebron-france. org Site: www. hebron-france. org palestiniens sont placardées aux murs. Des drapeaux israéliens flottent au-dessus des toits des maison prises par les colons et il y a des militaires à tous les coins de rue.
« Ces derniers ont tenu bons. Ils sont très gentils et nous offrent le thé. »
Nous sommes révoltés par tout ce que nous voyons. Les Palestiniens de notre groupe se contiennent avec difficulté et nous expliquent leur impuissance face à ces injustices. Le but est de les provoquer, mais une réaction violente de leur part leur serait fatale.
Hors de la vieille ville, la vie bouillonne
Nous allons ensuite voir des souffleurs de verres, emblématiques de l’ artisanat local. C’ est fascinant et nous restons très longtemps à les observer. Leur dextérité et leur rapidité est impressionnante. A la boutique, on remplit nos sacs de cadeaux à ramener en France. Nous remontons dans les minibus jusqu’ à la guest-house pour dormir.
Un groupe va acheter, dans une supérette voisine, de quoi préparer le repas. Les autres discutent ou chantent au micro trouvé dans la salle commune. Le repas est suivi d’ une réunion longue mais nécessaire où chacun partage son ressenti, ce qu’ il a aimé ou regretté pendant l’ échange. C’ est l’ occasion d’ entendre l’ avis précieux des Palestiniens. Nous discutons tard dans les chambres. Discrètement Jérémie joue, sans partition, une gymnopédie( Eric Satie) sur le piano droit quotidiennement utilisé par un groupe local de musique.
Athmosphère...
On passe un checkpoint pour rentrer au cœur historique d’ Hébron, où nos amis palestiniens se font contrôler. Dans la file d’ attente, une petite fille me parle et me tient la main: se faire contrôler par l’ armée c’ est sa routine. Arrivés au centre, on marche dans les anciennes rues marchandes. Des militaires israéliens guettent. En sortant de la mosquée d’ Abraham, je vois un énième soldat et je dis à Mériam « regarde qui nous guette »: il y a un homme habillé en noir qui nous suit, avec une oreillette et un talkie-walkie. Nous continuons à marcher et là un autre soldat israélien, à travers le grillage d’ une colonie, m’ interpelle et me dit: « He speaks french », en me montrant l’ homme qui nous suit. Nous sommes espionnés et ils veulent qu’ on le sache. Hébron est une ville déroutante.- Nour- temoignage