ROUTE DES ETALONS Janvier 2026 | Page 20

Structure juridique des éleveurs

L’ élevage équin français repose majoritairement sur de petites structures. La détention d’ une ou plusieurs poulinières conditionne pourtant la qualification de l’ activité et le choix d’ un cadre juridique adapté, entre exercice à titre privé et véritable organisation professionnelle. Faut-il créer une structure juridique dès lors que l’ on devient éleveur de chevaux? Près de 75 % des éleveurs français ne détiennent qu’ une ou deux poulinières. Dans cette configuration, l’ activité reste souvent marginale et peut être exercée à titre privé, sans nécessité de créer une structure juridique dédiée. La production reste limitée et ne justifie pas systématiquement une organisation professionnelle formalisée. La situation évolue dès lors que l’ élevage se développe. Les 25 % d’ éleveurs possédant trois poulinières ou plus, entrent dans une logique économique plus structurée. À ce stade, la création d’ une entité juridique peut être envisagée, tant pour sécuriser l’ activité que pour répondre aux obligations fiscales et sociales. Pour les éleveurs avec sol, plusieurs formes sont adaptées. L’ entreprise individuelle peut convenir à un exploitant seul recherchant la simplicité. Les sociétés agricoles, telles que l’ EARL ou la SCEA, sont en revanche privilégiées dès lors que l’ activité se développe ou que plusieurs associés sont impliqués. Ces structures permettent d’ organiser la gestion, la transmission et la responsabilité. À l’ inverse, les éleveurs sans sol ne relèvent pas des activités agricoles au sens fiscal. Leur activité est alors qualifiée de commerciale, ce qui oriente les choix vers une entreprise individuelle ou des sociétés de type SARL ou SAS.

Éleveurs de galop: données clés de l’ observatoire

économique( en exclusivité)

L’ observatoire économique Equicer 2025 dresse un état des lieux précis de la situation des éleveurs de chevaux de galop. À partir d’ un échantillon représentatif, il met en lumière la structure des produits, l’ évolution des charges et les équilibres financiers qui caractérisent ces exploitations. Quels enseignements économiques tirer des données 2024 sur les élevages de galop? Les données 2024 de l’ observatoire confirment la complexité et l’ exigence du modèle économique des élevages de chevaux de galop. Le produit moyen par structure s’ établit autour de 407 000 € soit 105 000 € par ETP( Equivalent Temps Plein). Les pensions constituent la première source de revenus, représentant environ 35 % du produit total, devant les ventes de chevaux( 22 %) et les gains de courses( 10 %), qui restent par nature plus aléatoires. Cette diversification des produits permet de sécuriser partiellement les revenus, mais elle s’ accompagne de charges élevées. Les charges opérationnelles absorbent près de 40 % du produit, avec un poids significatif des achats d’ aliments, des frais vétérinaires et de la maréchalerie. Les charges externes représentent quant à elles environ 23 % du produit, notamment en raison des fermages, de l’ entretien des bâtiments et des assurances. Dans ce contexte, la maîtrise des coûts demeure un enjeu central. L’ excédent brut d’ exploitation ressort à environ 76 000 € en moyenne, soit près de 19 % du produit. Ce niveau permet globalement de couvrir les annuités d’ emprunt, mais laisse des marges de manœuvre limitées. Le taux d’ endettement, proche de 63 %, illustre par ailleurs le poids des investissements nécessaires à l’ activité. Ces éléments confirment que l’ équilibre économique des élevages de galop repose avant tout sur la capacité à valoriser les chevaux, en particulier via les ventes, levier déterminant de rentabilité. Une gestion rigoureuse couplée à une stratégie de valorisation adaptée permet de sécuriser la pérennité des exploitations.
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