Et si tu sens que tu recules, que tu régresses
Puisses-tu y prendre de l’élan, pour que tu progresses
Après tout, ne tire-t-on pas une flèche en arrière sans cesse
Avant de la propulser, pour que sa cible, elle perce
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Et si c’est toi qui es brisée
Rappelle-toi, qu’à travers les fissures, la lumière peut ainsi filtrer
Et qu’un papillon pour émerger
Doit d’abord, le cocon de la chenille, fendiller
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Puisses-tu être telle une vague, obstinée et tenace
Continuellement repoussée par le rivage qui la chasse
Mais inlassablement de retour elle revient à la charge et efface
Tout sur son passage, pour qu’un nouveau parcours tu traces
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Puisses-tu être toujours sous de nouveaux cieux, tel un nuage
Lui, qui à son cheminement, n’admet point de barrage
En perpétuel renouvellement à chaque voyage
Et résistant avec courage à l’orage
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Puisses-tu être de celles et ceux qui tiennent à prodiguer
Aux autres ce dont ils ont toujours manqué
Etre un échantillon vivant de cette utopie dont tu rêvais
Pour qu’à ton réveil, ce ne soit pas qu’un songe mais une réalité
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Et si, en cours de route, tu égares des êtres chers
Sache que l’arbre est dépouillé de ses feuilles en hiver
Et que même ton ombre te quitte en absence de lumière
Seule mais fidèle à toi-même, tu te frayeras une voie même dans le désert
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Puisses-tu ne jamais t’attarder sur les obstacles et difficultés
Car, alors, tu perdrais de vue les objectifs que tu visais
Après tout, on ne se rappellera pas de la façon dont tu auras trébuché
Mais de comment gracieusement tu te seras redressée
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Puisses-tu ne jamais te laisser aigrir par la cruauté de la vie
Tel le fer rongé par la rouille sous l’action du temps, des intempéries
Et garder en toi vive, cette âme d’enfant qui sourit
Pour que jeune tu meurs, après une dizaine de décennies
ReMed Magazine - Numéro 6
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