ReMed 2018 ReMed N°6 - Addiction | Page 43

Et si tu sens que tu recules, que tu régresses Puisses-tu y prendre de l’élan, pour que tu progresses Après tout, ne tire-t-on pas une flèche en arrière sans cesse Avant de la propulser, pour que sa cible, elle perce ******************** Et si c’est toi qui es brisée Rappelle-toi, qu’à travers les fissures, la lumière peut ainsi filtrer Et qu’un papillon pour émerger Doit d’abord, le cocon de la chenille, fendiller ******************** Puisses-tu être telle une vague, obstinée et tenace Continuellement repoussée par le rivage qui la chasse Mais inlassablement de retour elle revient à la charge et efface Tout sur son passage, pour qu’un nouveau parcours tu traces ******************** Puisses-tu être toujours sous de nouveaux cieux, tel un nuage Lui, qui à son cheminement, n’admet point de barrage En perpétuel renouvellement à chaque voyage Et résistant avec courage à l’orage ******************** Puisses-tu être de celles et ceux qui tiennent à prodiguer Aux autres ce dont ils ont toujours manqué Etre un échantillon vivant de cette utopie dont tu rêvais Pour qu’à ton réveil, ce ne soit pas qu’un songe mais une réalité ******************** Et si, en cours de route, tu égares des êtres chers Sache que l’arbre est dépouillé de ses feuilles en hiver Et que même ton ombre te quitte en absence de lumière Seule mais fidèle à toi-même, tu te frayeras une voie même dans le désert ******************** Puisses-tu ne jamais t’attarder sur les obstacles et difficultés Car, alors, tu perdrais de vue les objectifs que tu visais Après tout, on ne se rappellera pas de la façon dont tu auras trébuché Mais de comment gracieusement tu te seras redressée ******************** Puisses-tu ne jamais te laisser aigrir par la cruauté de la vie Tel le fer rongé par la rouille sous l’action du temps, des intempéries Et garder en toi vive, cette âme d’enfant qui sourit Pour que jeune tu meurs, après une dizaine de décennies ReMed Magazine - Numéro 6 43