¿Qué me cuentas?/Qu'est-ce que tu me raContes? Mar. 2015 | Page 51
LE COLLIER PERDU
Il était une fois, deux jumeaux prénommés Thomas et Léopoldine, qui furent
abandonnés à la naissance par leur mère. Elle ne leur laissa pour tout souvenir qu’un
pendentif représentant sa photo. Comme il pouvait se séparer en deux, elle remit sa
première moitié à son fils et l’autre à sa fille.
A l’âge de dix ans, Thomas se fit adopté par un riche diplomate sévillan, délaissant
ainsi sa soeur, esseulée dans le terrible orphelinat. Le jour de son départ, Leopoldine
pleura tellement qu’elle ne remarqua pas l’étrange lueur qui sortait de son pendentif. Le
lendemain, il luisait toujours. Elle constata, qui plus est, qu’elle pouvait voir dans le
pendentif comme par les yeux de son frère. Ainsi, elle découvrit sa vie de faste, ses
nombreux amis à la beauté inégalée et les minettes pour qui il éprouvait de curieux
sentiments.
Dès lors, elle vécut une vie par procuration, son pendentif lui permettant de
s’échapper un temps de la prison morne et triste qu’était l’orphelinat. En effet, elle vivait un
véritable enfer dans ce lieu aussi ténébreux qu’un puits sans fond. De plus, le néant
affectif que laissait la perte de sa famille rendait chaque minute plus douloureuse. Elle ne
supportait pas cet abandon et, plus les années passaient, plus la rancoeur de Léopoldine
grandissait. Son apparence en était même modifiée : elle était d’une laideur à faire pâlir un