PixaRom N°3 | Page 106

PORTAIL MULTIPLAN Comme on rentre dans cette école de magie aussi facilement que dans le groupe d’amis de Carole Quintaine sur Facebook, Damodar saisit le pauvre vieux magicien barbu du coin et exige qu’on lui remette le parchemin, tout vil qu’il est. Ledit parchemin glisse dans les mains de Marina, la magicienne, qui prend de la poudre à téléporter commodément placée là. Moins commodément, le portail mène dans une allée sans issue et elle oublie de le refermer, permettant à Damodar et ses sbires de les poursuivre sans peine. Compétence ! Tout comme il y a finalement peu d’action dans le film, ne vous attendez pas à une poursuite effrénée, car Damodar est affligé d’un handicap assez singulier : il ne sait pas courir. Jamais. Avec un flegmatisme qui aurait pu paraître tout britannique s’il n’avait pas la tête de Mr Propre ayant passé la nuit les lèvres dans du cirage bleu. Notre bande de nullards embarque le plus grand nain du monde avec une fausse barbe orange au passage, et déjoue les minions avec une stratégie infaillible : s’enfuir par les égouts. Ceci plonge Damodar dans un abîme de perplexité, jusqu’à ce qu’il leur ordonne en toute logique d’aller à leur suite, ordre qui reste absolument sans suite. Bon j’avoue que moi aussi j’aurai du mal à recevoir des instructions d’un tel quidam, mais tout de même. Je vous épargne la scène du lendemain où la bande de clichés ambulants tente de se faire discrète en s’habillant de façon absolument pas homogène avec le reste de la foule, et sans souci de cacher la barbe rutilante du faux nain. On sent que le niveau est là. nul doute que Damodar aurait eu droit au siège inversé projetant dans un incinérateur. Lorsque le film n’est pas occupé uniquement à être d’une mauvaise qualité hilarante, il aime à ajouter du bon gros déjà-vu dans la soupe. Nos héros se trouvent donc ensuite dans une taverne avec tous les éléments faits et refaits, occupés à prévoir leur prochaine action et s’échanger des remarques stupides, tel Snails disant à une elfe lui demandant s’il cherchait quelqu’un en particulier, qu’il cherchait quelqu’un comme elle. Et de demander au barman, en douce, de lui servir le vin le moins cher possible. Amore, amore ! Bien évidemment, Damodar arrive sur les lieux peu après, examinant la salle avec le visage d’une personne constipée cherchant les toilettes de façon urgente, c’est à dire avec une expression fort vilaine. Et quand il repère les héros, patatras ! Ils sont obligés de recourir à une méthode des plus ingénieuses pour s’en sortir, ou des plus improbables, c’est selon. Le nain bouscule deux clients, appell RP