PORTAIL MULTIPLAN
Comme on rentre dans cette école de
magie aussi facilement que dans le groupe
d’amis de Carole Quintaine sur Facebook,
Damodar saisit le pauvre vieux magicien
barbu du coin et exige qu’on lui remette
le parchemin, tout vil qu’il est. Ledit parchemin glisse dans les mains de Marina, la
magicienne, qui prend de la poudre à
téléporter commodément placée là. Moins
commodément, le portail mène dans une
allée sans issue et elle oublie de le refermer,
permettant à Damodar et ses sbires de les
poursuivre sans peine. Compétence !
Tout comme il y a finalement peu d’action
dans le film, ne vous attendez pas à une
poursuite effrénée, car Damodar est affligé
d’un handicap assez singulier : il ne sait pas
courir. Jamais. Avec un flegmatisme qui
aurait pu paraître tout britannique s’il n’avait
pas la tête de Mr Propre ayant passé la nuit
les lèvres dans du cirage bleu.
Notre bande de nullards embarque le
plus grand nain du monde avec une fausse
barbe orange au passage, et déjoue les minions avec une stratégie infaillible : s’enfuir
par les égouts. Ceci plonge Damodar dans
un abîme de perplexité, jusqu’à ce qu’il leur
ordonne en toute logique d’aller à leur suite,
ordre qui reste absolument sans suite. Bon
j’avoue que moi aussi j’aurai du mal à recevoir des instructions d’un tel quidam, mais
tout de même.
Je vous épargne la scène du lendemain
où la bande de clichés ambulants tente de se
faire discrète en s’habillant de façon absolument pas homogène avec le reste de la foule,
et sans souci de cacher la barbe rutilante du
faux nain. On sent que le niveau est là.
nul doute que Damodar aurait eu droit au
siège inversé projetant dans un incinérateur.
Lorsque le film n’est pas occupé uniquement à être d’une mauvaise qualité hilarante,
il aime à
ajouter du bon gros déjà-vu dans la
soupe. Nos héros se trouvent donc ensuite
dans une taverne avec tous les éléments faits
et refaits, occupés à prévoir leur prochaine
action et s’échanger des remarques stupides,
tel Snails disant à une elfe lui demandant
s’il cherchait quelqu’un en particulier, qu’il
cherchait quelqu’un comme elle. Et de
demander au barman, en douce, de lui servir
le vin le moins cher possible. Amore, amore !
Bien évidemment, Damodar arrive sur les
lieux peu après, examinant la salle avec le
visage d’une personne constipée cherchant
les toilettes de façon urgente, c’est à dire
avec une expression fort vilaine. Et quand il
repère les héros, patatras ! Ils sont obligés de
recourir à une méthode des plus ingénieuses
pour s’en sortir, ou des plus improbables,
c’est selon.
Le nain bouscule deux clients, appell RP