PixaRom N°3 | Page 104

PORTAIL MULTIPLAN CinEma « On dirait une soirée de jeu de rôle sur table qui a sérieusement dérapé. » dixit Lord Dagan. Q u’il me pardonne lorsqu’il lira ces lignes de qualifier ses propos de quelque peu euphémiques. Je ne suis pas rôliste moi-même, mais j’imagine que pour obtenir un tel résultat, il faudrait toute une conspiration contre le MJ (ou bien un MJ lui-même dans la quatrième dimension), avec l’aide d’expédients alcoolisés ou non. C’est un nanar, bien entendu, de ceux qu’on apprécie mieux en compagnie d’autrui, les fonctions cérébrales supérieures sagement déconnectées, des amuse-gueule à portée de main. Mais c’est un nanar tellement complet, avec une si admirable persistance pour être mauvais dans tous les domaines, qui arrive à défier l’entendement par certaine de ses répliques, qu’il en devient facilement une référence. Et personnellement, c’est un film très cher à mon coeur, qui devrait être remboursé par la sécurité sociale. Si vous vous sentez légèrement déprimé, ne touchez pas au tranxène, regardez ce film (et les deux autres si vous avez besoin de beaucoup rire). Je ne vous cacherai pas que le seul fait d’écrire au sujet de Donjons et Dragons provoque chez moi un sourire façon XXL, chose étonnante s’il en est pour une Liche. Assez atermoyé, commençons donc ! Cette aventure palpitante se passe dans l’Empire d’Ismer, où les mages règnent. Notez, précision importante, que les mages sont des « adeptes de la magie » car le nom laissait planer quelques doutes à ce sujet. Des fois que vous auriez encore un morceau de doute coincé entre deux neurones, on apprend que les roturiers, soumis au pouvoir des mages, ne maîtrisent pas la magie. Ah, la machine Obvious automatique, elle me manquait tellement ! L’histoire s’annonce haletante lorsqu’on apprend que l’impératrice veut plus d’égalité (comment ça, la domination d’une classe sur une autre, c’est moche ?), tandis que Profion (sûrement pas le Big Bad) a... D’autres intentions. Le suspens est insoutenable dès la première minute. Enfin pas trop car on passe juste après avec ledit Profion, incarné par Jeremy Irons, qui s’efforcera d’exhiber le moins possible de jeu d’acteur. Chose commune à tous les autres personnages, mais, bon, dans ce taslà, Irons a quand même une réputation. Las, il a dû se dire que tout était foutu pour un tel film et nous sort le numéro du Méchant dont chaque tirade va dans l’excessivité. 104    PixaRom magazine