PORTAIL MULTIPLAN
CinEma
« On dirait une soirée de jeu de
rôle sur table qui a sérieusement
dérapé. » dixit Lord Dagan.
Q
u’il me pardonne lorsqu’il lira ces
lignes de qualifier ses propos de
quelque peu euphémiques. Je ne
suis pas rôliste moi-même, mais j’imagine que
pour obtenir un tel résultat, il faudrait toute
une conspiration contre le MJ (ou bien un MJ
lui-même dans la quatrième dimension), avec
l’aide d’expédients alcoolisés ou non.
C’est un nanar, bien entendu, de ceux
qu’on apprécie mieux en compagnie d’autrui,
les fonctions cérébrales supérieures sagement
déconnectées, des amuse-gueule à portée
de main. Mais c’est un nanar tellement complet, avec une si admirable persistance pour
être mauvais dans tous les domaines, qui
arrive à défier l’entendement par certaine
de ses répliques, qu’il en devient facilement
une référence.
Et personnellement, c’est un film très cher
à mon coeur, qui devrait être remboursé par
la sécurité sociale. Si vous vous sentez légèrement déprimé, ne touchez pas au tranxène,
regardez ce film (et les deux autres si vous
avez besoin de beaucoup rire). Je ne vous
cacherai pas que le seul fait d’écrire au sujet
de Donjons et Dragons provoque chez moi un
sourire façon XXL, chose étonnante s’il en est
pour une Liche.
Assez atermoyé, commençons donc !
Cette aventure palpitante se passe dans
l’Empire d’Ismer, où les mages règnent. Notez,
précision importante, que les mages sont des
« adeptes de la magie » car le nom laissait
planer quelques doutes à ce sujet. Des fois
que vous auriez encore un morceau de doute
coincé entre deux neurones, on apprend que
les roturiers, soumis au pouvoir des mages, ne
maîtrisent pas la magie.
Ah, la machine Obvious automatique, elle
me manquait tellement !
L’histoire s’annonce haletante lorsqu’on
apprend que l’impératrice veut plus d’égalité
(comment ça, la domination d’une classe sur
une autre, c’est moche ?), tandis que Profion
(sûrement pas le Big Bad) a... D’autres intentions. Le suspens est insoutenable dès la
première minute.
Enfin pas trop car on passe juste après
avec ledit Profion, incarné par Jeremy Irons,
qui s’efforcera d’exhiber le moins possible
de jeu d’acteur. Chose commune à tous les
autres personnages, mais, bon, dans ce taslà, Irons a quand même une réputation. Las, il
a dû se dire que tout était foutu pour un tel
film et nous sort le numéro du Méchant dont
chaque tirade va dans l’excessivité.
104 PixaRom magazine