ENTRETIENS
contrats, etc.) et s’ appuie sur un conseiller scientifique: l’ adjoint scientifique. DPHY regroupe des thématiques très diverses: au-delà de l’ optique non linéaire, il y a des activités MEMS pour la mesure inertielle, des capteurs et accéléromètres spatiaux par mesure électrostatique, des équipes sur les atomes froids, les plasmas … et, à Toulouse, des équipes qui modélisent l’ environnement spatial et ses effets sur les matériaux et l’ électronique. J’ ai donc dû animer scientifiquement l’ ensemble, en m’ appuyant bien sûr sur des relais, chaque thématique ayant ses responsables. Dans les faits, cela représentait environ 50 % de recherche et 50 % d’ animation: évaluations, discussions stratégiques, propositions de thèses, projets internes … bref, l’ animation scientifique d’ un département. Et cette fonction m’ a aussi conduit à m’ impliquer dans des instances et à représenter l’ ONERA dans le champ de la physique. Après 4 à 5 ans, en 2022, j’ ai eu l’ opportunité de devenir directeur scientifique du domaine physique. Le poste s’ est libéré lorsque Riad Haïdar, qui l’ occupait auparavant, est devenu directeur scientifique général. J’ ai candidaté, et j’ ai été retenu.
QUEL EST LE RÔLE DE LA DIRECTION SCIENTIFIQUE? La direction scientifique n’ est pas une structure hiérarchique. Le management relève de la direction technique générale, à laquelle sont rattachés les directeurs de départements. La direction scientifique a un rôle d’ orientation de la politique scientifique à long terme de l’ ONERA et d’ arbitrage de la recherche interne. Nous disposons de fonds propres, ainsi que de moyens issus de projets collaboratifs. Nous définissons le plan stratégique scientifique, c’ est-à-dire les grandes orientations de recherche que l’ ONERA se fixe à moyen-long terme, et nous pilotons les partenariats de recherche structurants. Et au quotidien, nous arbitrons les projets internes: ce qui est financé, ce qui ne l’ est pas, les sollicitations reçues, mais aussi celles que nous stimulons. C’ est également vrai pour les thèses: nous intervenons sur les choix et les orientations. Enfin, la direction scientifique coordonne la filière recherche, qui reconnaît l’ implication scientifique au travers de grades( chargé de recherche, directeur de recherche).
VOUS AVEZ ÉTÉ FORTEMENT IMPLIQUÉ DANS L’ UNIVERSITÉ PARIS-SACLAY J’ ai en effet participé à diverses instances. J’ animais le pôle optique du département PhOM( Physique des Ondes et de la Matière) et j’ ai été l’ un des cinq préfigurateurs de l’ Institut des Sciences de la Lumière. Avec Jean-Jacques Greffet, Laurent Vivien, François Treussart et Jean-Pierre Hermier, nous avons posé les bases de cette structure transversale destinée à fédérer la photonique sur le campus.
QUELLES ACTIONS MAJEURES ONT ÉTÉ MISES EN PLACE PAR CET INSTITUT? L’ une des plus importantes est le programme cofund Light in Paris, obtenu après un travail considérable piloté par Jean-Jacques Greffet puis repris par Patrick Georges. Il soutient aujourd’ hui des projets interdisciplinaires autour des sciences de la lumière.
VOUS AVEZ ÉTÉ TRÈS IMPLIQUÉ DANS LA SFO. D’ OÙ VIENT CET ENGAGEMENT? J’ ai toujours aimé le travail collectif et je suis membre de la SFO quasiment sans interruption depuis ma thèse. Mes collaborations, notamment avec Benoît Boulanger et des collègues de l’ ONERA, m’ ont naturellement conduit à m’ investir dans la communauté et à participer au réseau CNRS CMDO + et au club JNCO de la SFO.
COMMENT ÊTES-VOUS ARRIVÉ À LA PRÉSIDENCE? En discutant avec Benoît puis avec Ariel Levenson, la possibilité de rejoindre la présidence s’ est posée, l’ un des trois postes revenant à un représentant d’ un grand organisme de recherche. J’ ai immédiatement accepté. Lorsqu’ on en fait partie, on réalise à quel point la SFO est dynamique: ce n’ est pas seulement un congrès ou une revue, mais une multitude d’ actions au service de la communauté.
COMMENT S’ EST DÉROULÉE VOTRE PREMIÈRE ANNÉE DANS CE RÔLE? La première année est une année de transition. J’ ai été associé aux réunions du bureau et j’ ai travaillé en étroite collaboration avec
Ariel et François. Il existe des points réguliers entre les trois présidents, ce qui m’ a permis d’ apprendre les dossiers et de comprendre le fonctionnement global. C’ était une période de formation et de prise en main progressive.
QUELS ONT ÉTÉ LES GRANDS DOSSIERS QUE VOUS AVEZ SUIVIS EN TANT QUE PRÉSIDENT ENTRANT? Plusieurs projets d’ importance étaient déjà engagés.( i) Le rachat de notre revue Photoniques.( ii) Le projet LUMIFORM 2030 dont l’ objectif est d’ accompagner les formations en photonique du niveau BAC à BAC + 3 et de favoriser l’ attractivité de ces filières.( iii) La démarche d’ utilité publique( ARUP), initiée il y a plusieurs années et visant à renforcer la légitimité et le modèle économique de la SFO.( iv) Le projet PEPITES, consacré à la pérennité du patrimoine scientifique et documentaire de la société.
QUELLES SONT LES ÉVOLUTIONS SUR LES PRIX DÉCERNÉS PAR LA SFO? La SFO dispose d’ un ensemble de prix historiques( Fabry-de Gramont, Lumières Arnulf-Françon, Léon Brillouin). Le prix Jean Jerphagnon, qui valorise le lien avec l’ industrie et l’ innovation, s’ est ajouté récemment et il est essentiel de pérenniser son financement. C’ est l’ un des chantiers actuels. Par ailleurs, nous venons de créer des prix de thèse, afin de reconnaître de jeunes chercheurs et chercheuses au moment clé de leur début de carrière. Leur lancement aura lieu dès cette année.
QUELLES ACTIONS SOUHAITEZ- VOUS METTRE EN PLACE? Les projets engagés vont déjà produire de nombreux effets. Compte tenu de l’ activité très dense et des capacités limitées de l’ équipe permanente, il n’ est pas souhaitable d’ ouvrir encore de nouveaux chantiers lourds à court terme. En revanche, j’ aimerais organiser des visites de laboratoires deux fois par an, afin de renforcer le lien entre la SFO et la communauté, afin de mieux faire connaître ses actions et d’ encourager l’ implication des équipes locales.
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