Paris et les Zola en herbe | Page 75

  75   Cette atmosphère funèbre qui régnait dans le cimetière du PèreLachaise semblait être banale. Il était immense, des tombes à perte de vue semblaient êtres toutes identiques, d’un gris familier à la mort, et de pierres tombales qui semblaient être ici depuis une éternité. Peu grand monde s’aventurait ici juste avant la tombée de la nuit, ils avaient peur. Les vieilles pierres ainsi que les vieux sentiers devaient être là depuis des siècles. Le cimetière du père Lachaise se situait sur une colline, ainsi les sentiers descendaient dans les entrailles des misérables caveaux. Il demeurait sans vie comme si le temps s’était arrêté d’une seconde à l’autre. Il devait être plus ou moins dix-huit heures quand le ciel s’assombrissait considérablement, Un sentiment d’inquiétude régna dès à présent dans le cimetière du père Lachaise. Quelques personnes aux visages dépités rodèrent d’une marche lente puis s’arrêtèrent. Le peu de gens qu’il y avait se regardèrent d’un air perdu, comme s’ils se demandèrent qu’est-ce qu’ils faisaient ici, des bruits de corbeaux se firent entendre et les passants demeurèrent effrayés. Une atmosphère douteuse s’installa dans le cimetière. Les allées étaient dès à présent désertes. Quelques pigeons trainaient dans les environs. On ne pouvait même pas voir le bout des interminables sentiers bordés par un nombre incalculable de petites maisonnettes qui abritaient de multiples corps nous ayant quittés. Plus personne ne se trouvait dans le cimetière. Il était désormais seul au monde, à attendre le temps passé. Les arbres étaient encore d’un vert pomme mais l’automne arrivait à grand pas et les jours se faisaient de plus en plus courts. Les chemins d’une froideur poignante étaient tristes et maussades comme si un drame avait eu lieu auparavant. De part et d’autre il y avait quelques marches en mauvais état comme si elles avaient vécues une histoire au milieu des morts. Le cimetière du Père-Lachaise n’était pas un cimetière comme les autres, il avait une histoire, une âme.