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Cette atmosphère funèbre qui régnait dans le cimetière du PèreLachaise semblait être banale. Il était immense, des tombes à
perte de vue semblaient êtres toutes identiques, d’un gris familier
à la mort, et de pierres tombales qui semblaient être ici depuis
une éternité. Peu grand monde s’aventurait ici juste avant la
tombée de la nuit, ils avaient peur. Les vieilles pierres ainsi que
les vieux sentiers devaient être là depuis des siècles. Le cimetière
du père Lachaise se situait sur une colline, ainsi les sentiers
descendaient dans les entrailles des misérables caveaux. Il
demeurait sans vie comme si le temps s’était arrêté d’une
seconde à l’autre. Il devait être plus ou moins dix-huit heures
quand le ciel s’assombrissait considérablement, Un sentiment
d’inquiétude régna dès à présent dans le cimetière du père
Lachaise. Quelques personnes aux visages dépités rodèrent
d’une marche lente puis s’arrêtèrent. Le peu de gens qu’il y avait
se regardèrent d’un air perdu, comme s’ils se demandèrent
qu’est-ce qu’ils faisaient ici, des bruits de corbeaux se firent
entendre et les passants demeurèrent effrayés. Une atmosphère
douteuse s’installa dans le cimetière. Les allées étaient dès à
présent désertes. Quelques pigeons trainaient dans les environs.
On ne pouvait même pas voir le bout des interminables sentiers
bordés par un nombre incalculable de petites maisonnettes qui
abritaient de multiples corps nous ayant quittés. Plus personne
ne se trouvait dans le cimetière. Il était désormais seul au
monde, à attendre le temps passé. Les arbres étaient encore d’un
vert pomme mais l’automne arrivait à grand pas et les jours se
faisaient de plus en plus courts. Les chemins d’une froideur
poignante étaient tristes et maussades comme si un drame avait
eu lieu auparavant. De part et d’autre il y avait quelques
marches en mauvais état comme si elles avaient vécues une
histoire au milieu des morts. Le cimetière du Père-Lachaise
n’était pas un cimetière comme les autres, il avait une histoire,
une âme.