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Pendant la guerre 14-18 :
Depuis le sommet des buttes, les
passants, de petites tâches minuscules,
marchaient tranquillement sur l’herbe
fraîche, à peine coupée. Les robes
longues des dames, d’un pourpre
sombre pour la plupart, traînaient et
traçaient des formes étranges dans la
poussière. Le calme régnait tandis que
la froideur des matins d’hiver s’installait. Les arbres fragiles, mis
à nu, avaient perdu toutes leurs feuilles. Seul le vent glacé, se
fracassant contre les hauts rochers, se faisait entendre. Des
chuchotements à peine audibles résonnaient ça et là. Même les
enfants baissaient la tête, écrasés par l’immense ciel pâle.
La nature, elle aussi, se faisait toute petite. L’eau verdâtre du lac
n’oscillait que lorsqu’une feuille morte venait se poser
délicatement sur elle, avant de
plonger dans son obscurité. Des
ronces pointues s’accrochaient
désespérément à la roche grise.
Des regards lointains et
désespérés se perdaient depuis
l’impressionnant
pont
qui
semblait surplomber le parc et
la ville telle une ombre géante. Parfois, de petits moineaux se
posaient sur le toit de pierre, regardaient l’immense horizon et
chantaient doucement, venant briser le silence pesant, puis
repartaient. Aussitôt, le silence morbide revenait.
De nos jours :
Le ciel, d’un bleu doux et tendre, rayonnait. Les passants
s’alanguissaient devant ce beau spectacle de la nature. L’herbe
émeraude recouvrait presque entièrement la majestueuse
montagne de pierre qui dominait le lac. La flore, plus dense que
jamais, ne cessait de croître tandis que des nénuphars nageaient