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Lorsqu’on rentre dans Paris
par la rue du Faubourg
Saint-Antoine, on trouve,
prés de l'avenue du Trône,
une
place
magistrale
connue sous le nom de la
place de la Nation. Cet
endroit de 250 mètres de
diamètre accueille en son
cœur une statue colossale
aux voluptueuses valeurs de
la République Française.
Une
figure
féminine,
dressée au sommet d’un char tiré par deux lions, semble défier
toute figure géométrique de la rugissante ville de Paris. La
majestueuse femme, réalisant un pas vers la liberté et la justice,
porte son regard vers la place de la Bastille, formant ainsi un axe
républicain tranchant la silencieuse et sublime ville parisienne.
Un bourdonnement incessant paraît approcher la place. Une
multitude indisciplinée avance brusquement tel un attroupement
sauvage. La rue bondée semble grésiller sous les pieds furtifs des
insurgés. Chantant, grondant, et hurlant, la plupart ne savent
pas pourquoi ils se révoltent; certains résistent contre le
gouvernement de Napoléon III, certains réagissent face à la
défaite franco-russe, certains, perdus, suivent simplement le
troupeau inhumain. Sur la monumentale place de la Nation, les
ouvriers soulèvent leurs outils, les travailleurs leurs pelles, les
philosophes leurs livres, tous, unis en faveur d’une France libre.
C’est la Commune De Paris en mars 1871.
Puis les armes deviennent fleurs, les clameurs deviennent larmes,
les hurlements deviennent silences. Des millions d’âmes
généreuses marchent sous le regard rassurant de la figure
féminine. C’est la marche du 11 janvier 2015. Chacun partage,
se bat pour la liberté et la république, ne se doutant pas que les
valeurs si puissantes de la statue seraient une fois de plus brisées
lors des événements du 13 novembre.