Paris et les Zola en herbe | Página 42

  42   Si l’on remonte toujours tout droit jusqu’à l’extrême Nord du troisième arrondissement depuis l’île Saint-Louis, l’on arrive à la frontière du onzième et du dixième arrondissement. Le carrefour qui touche à ces trois quartiers de Paris, a été nommé place de la République. S’appelant place du Château-d’Eau jusqu’en 1879, Paris marque la fin de l’impérialisme avec ce nouveau nom. Cette appellation donna à la place une atmosphère et une notoriété superbe, attirant les jeunes et les artistes, qui sont toujours là aujourd’hui. Ceux-là inaugurent d’ailleurs la place avec une statue, la Marianne, représentant les trois valeurs fondamentaux de la France : liberté, égalité et fraternité. La place, rénovée entièrement il y a quelques années, est d’un gris clair, qui reflète les pans d’immeubles et le ciel parisien. Cette clarté se pose lourdement dans l’ampleur du lieu, immobile, froide, gelée. Le plafond nuageux éblouissant et immaculé, pourrait tomber à tout moment, comme un linceul blanc, recouvrant tout ce qui se trouve en dessous. La statue de bronze représente la Marianne, toute en noir, brandissant son rameau d’olivier. Son épée est rangée pour qu’elle puisse porter les droits de l’homme. Les passants qui la dévisagent savent qu’elle ne va pas tarder à lâcher sa branche pour brandir son épée, mais l’ ۈ]]؜