Naturalia : panorama des collections bas-normandes d'histoire naturel naturalia-livre | Page 98

S tat u t ju r idique L e vivant est soumis à de nombreuses réglementations, tant nationales qu’internationales. La loi française de protection des espèces de 1976 est la plus connue. À l’échelle internationale, la conven- tion CITES, dite "convention de Washing- ton", garantit que le commerce des espèces ne nuit pas à la conservation de la biodiver- sité. Ce problème se pose principalement pour les collections universitaires. Une collection appartient-elle au chercheur ou à l’institution ? Quand un chercheur prend sa retraite, que deviennent les spéci- mens conservés ? Selon quelles procédures le passage d'une collection de recherche à une collection patrimoniale s'établit-il ? La plupart des collections publiques bas-normandes n’a pas fait l’objet de mise en conformité avec la convention CITES. Des problématiques juridiques et des ques- tions délicates d'éthique concernent également les collections d'anatomie humaine, d'ethnologie ou d'archéologie constituées de restes humains. Les spécimens des collections d’histoire naturelle sont concernés par ces réglementations. Si la grande majorité des collections pré- cèdent l’établissement de ces textes régle- mentaires, elles n’ont quasiment jamais fait l’objet de régularisation. Leur conservation, leur transport, leur exposition sont donc a priori illégaux. La réflexion entamée avec les autorités compétentes permettra une réelle transparence et l'officialisation des statuts. La survie du patrimoine de l'histoire na- turelle n’est pas uniquement liée à des pro- blématiques matérielles. Autour du concept même de collection scientifique, un effort de réflexion doit être mené rapidement. À ce vide juridique s'ajoute une ab- sence de définition claire des usages. Faucon pèlerin Musée d'initiation à la nature, Caen 99