Collections disparues
Le travail d'enquête sur les collections
d'histoire naturelle a également permis
d'identifier des collections qui ont dis-
paru du territoire régional. Beaucoup
ont été détruites en 1944, d'autres ven-
dues ou sont conservées dans des musées
d'autres régions. Il est intéressant de gar-
der la trace de ce patrimoine disparu : les
données scientifiques sont parfois encore
accessibles et utiles aux chercheurs...
D'une part, la documentation de
ce patrimoine perdu contribue à la
construction de la mémoire scientifique
historique régionale. D'autre part, un
tel travail de recherche met en valeur le
parcours de naturalistes oubliés et, dans
certains cas, aboutit à la découverte de
collections non référencées.
Enfin, il convient de s’interroger sur
les causes des disparitions. Les destruc-
tions lors d’une guerre dépassent les
enjeux de la conservation classique. Mais
bien d’autres disparitions ont pour cause
le désintérêt ou la méconnaissance. La
prise de conscience de la perte d'un tel
patrimoine doit nourrir la réflexion sur
les enjeux de la connaissance et de la
conservation des collections.
L’Histoire Naturelle normande de par le monde
L es naturalistes bas-normands ne se
sont pas bornés à étudier la diversité
naturelle régionale, ou même française.
Comme en témoignent certaines col
lections exotiques, ils ont aussi décrit
et inventorié les richesses naturelles sur
tous les continents.
rouse, disparue quelques années plus tôt
dans le Pacifique. Un autre explorateur
naturaliste du XIX e siècle a laissé davan-
tage de traces dans la mémoire des Bas-
Normands : Jules Dumont d’Urville,
qui, à bord du fameux Astrobale, a mené
diverses expéditions vers le Pacifique et
l'Antarctique.
Un de ces scientifiques a connu une
trajectoire particulière : Emmanuel Liais.
Parti au Brésil en 1858 pour observer une
éclipse solaire, il y reste plus de 25 ans à
explorer l’intérieur des terres ! Comme
de nombreux autres naturalistes de son
temps, Emmanuel Liais a été aidé et sou-
tenu dans ses recherches par son épouse.
Certains ont participé aux grandes ex-
péditions maritimes des XVIII e et XIX e
siècles. C’est le cas du botaniste ornais
Houtou de la Billardière, engagé en 1791
dans la recherche de l'expédition la Pé-
Enfin, il faut noter que de nombreuses
pièces exotiques dans les collections
ne proviennent pas de voyages, mais
d’échanges entre scientifiques du monde
entier.