Naturalia : panorama des collections bas-normandes d'histoire naturel naturalia-livre | Page 58

Collections disparues Le travail d'enquête sur les collections d'histoire naturelle a également permis d'identifier des collections qui ont dis- paru du territoire régional. Beaucoup ont été détruites en 1944, d'autres ven- dues ou sont conservées dans des musées d'autres régions. Il est intéressant de gar- der la trace de ce patrimoine disparu : les données scientifiques sont parfois encore accessibles et utiles aux chercheurs... D'une part, la documentation de ce patrimoine perdu contribue à la construction de la mémoire scientifique historique régionale. D'autre part, un tel travail de recherche met en valeur le parcours de naturalistes oubliés et, dans certains cas, aboutit à la découverte de collections non référencées. Enfin, il convient de s’interroger sur les causes des disparitions. Les destruc- tions lors d’une guerre dépassent les enjeux de la conservation classique. Mais bien d’autres disparitions ont pour cause le désintérêt ou la méconnaissance. La prise de conscience de la perte d'un tel patrimoine doit nourrir la réflexion sur les enjeux de la connaissance et de la conservation des collections. L’Histoire Naturelle normande de par le monde L es naturalistes bas-normands ne se sont pas bornés à étudier la diversité naturelle régionale, ou même française. Comme en témoignent certaines col­ lections exotiques, ils ont aussi décrit et inventorié les richesses naturelles sur tous les continents.   rouse, disparue quelques années plus tôt dans le Pacifique. Un autre explorateur natu­raliste du XIX e siècle a laissé davan- tage de traces dans la mé­moire des Bas- Normands : Jules Dumont d’Urville, qui, à bord du fameux Astrobale, a mené diverses expéditions vers le Pacifique et l'Antarctique. Un de ces scientifiques a connu une trajectoire particulière : Emmanuel Liais. Parti au Brésil en 1858 pour observer une éclipse solaire, il y reste plus de 25 ans à explorer l’intérieur des terres ! Comme de nombreux autres naturalistes de son temps, Emmanuel Liais a été aidé et sou- tenu dans ses recherches par son épouse. Certains ont participé aux grandes ex- péditions maritimes des XVIII e et XIX e siècles. C’est le cas du botaniste ornais Houtou de la Billardière, engagé en 1791 dans la recherche de l'expédition la Pé- Enfin, il faut noter que de nombreuses pièces exotiques dans les collections ne proviennent pas de voyages, mais d’échanges entre scientifiques du monde entier.