Les collections d'histoire natu-
relle sont constituées de spéci-
mens de la biodiversité et de
la géodiversité, traités en vue
de leur conservation. Elle consti-
tuent un patrimoine complexe
et passionnant, au carrefour
des intérêts de la recherche , de
l'éducation , des arts , de l'his-
toire locale.
La Basse-Normandie n'a plus
de muséum d'histoire natu-
relle. Elle abrite pourtant plus
de soixante-quinze institutions
conservant des collections d'his-
toire naturelle. Un tel patri-
moine, constitué depuis plus de
deux siècles par d 'illustres natu-
ralistes de la région existe donc.
Il est important, mais peu connu.
En résumé...
Les spécimens conservés sont
fragiles et leur conservation
complexe. L' état de conser-
vation des collections d'his-
toire naturelle bas-normande,
le désintérêt et le manque
de moyens font craindre une
nouvelle disparition de ce
patrimoine, après les destruc-
tions occasionnées par les bom-
bardements de juillet 1944.
Des institutions patrimoniales,
des administrations, des collec-
tivités territoriales, des univer-
sitaires et des naturalistes sont
investis au sein d'un groupe
de travail pour améliorer la
connaissance , la conserva-
tion et la valorisation de ce
patrimoine remarquable.
Perspectives
U
n chantier d’envergure au-
tour des collections régio-
nales d'histoire naturelle est à pré-
sent ouvert.
Le groupe de travail constitué autour de
l’enquête Naturalia a permis des échanges
de connaissances, de pratiques, des confron-
tations sur la vision et l’usage des collections
d’histoire naturelle. Il publie aujourd’hui
un premier panorama de ce patrimoine en
Basse-Normandie et fait le constat partagé
d’une grande richesse et d’un danger de dis-
parition.
Dans un premier temps, le travail d’en-
quête va se poursuivre et permettra d’affiner
le panorama des collections, en particulier
par des recherches sur l’historique de consti-
tution de ce patrimoine. La réalisation de
fiches techniques et l’organisation de for-
mations à destination des professionnels en
charge de ces collections apporteront des
premières solutions aux problématiques de
conservation, au cœur des enjeux immé-
diats. Les politiques de valorisation bénéfi-
cieront de la mise en réseau des institutions,
des naturalistes et des acteurs de l’enseigne-
ment et de la recherche. Naturalia va égale-
ment développer des expositions virtuelles
et des expositions itinérantes.
Il est temps, également, d’approfondir
les réflexions et d’entamer des concertations
sur des politiques à moyen et long termes.
Il faut penser aujourd’hui, à l’échelle régio-
nale, les outils pertinents pour assumer les
missions d’un muséum d’histoire naturelle
régional. Les ponts entre l’expertise natura-
liste et les collections doivent être renforcés,
des capacités de stockage et de conservation
doivent être aménagées pour non seule-
ment garantir la pérennité des collections
actuelles, mais aussi pour envisager leur en-
richissement. Enfin, les outils de modélisa-
tion et de restitution numériques devraient
ouvrir des perspectives pour la recherche et
la diffusion.
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