Montréal pour Enfants vol. 23 n°3 / Été 2023 | Página 24

Avouons toutefois que toutes ces voyageuses se sont retrouvées avec la passion du voyage dans les veines bien avant d ’ avoir des enfants . Lili a commencé à faire régulièrement du camping avec ses copains et copines à l ’ époque du cégep et elle a été la première à amener camper son poupon de six mois avec eux . Sa dizaine d ’ amis a accueilli ce dernier avec chaleur .
Or , durant sa grossesse , elle a aussi fait du camping avec son conjoint , au milieu de montagnes et de lacs , et une telle démarche semblait à contre-courant : « On rencontrait des gens qui nous disaient « Profitez-en , du camping , parce qu ’ après , ça va être fini ! « Mon chum et moi , on se regardait en se demandant pourquoi il faudrait que ce soit fini . »
Intimes ensembles
Farida avoue profiter maintenant de ces moments , pendant que sa ribambelle s ’ occupe toute seule , pour se retrouver entre filles avec sa soeur et des bébés pas encore en âge de rapporter leurs confidences . Lili , conjointe d ’ un lèvetard , évoque les moments d ’ aube avec ses proches , pendant que les enfants batifolent autour sans se soucier d ’ eux , comme ses plus précieux souvenirs de vacances .
Ces femmes ont alors l ’ impression de reconquérir le brin d ’ insouciance qui les habitait avant l ’ arrivée des enfants . Mais sont-elles un peu moins mères pour autant ? Ce temps libre ne les empêche pas d ’ être toujours « parents à 200 % ».
La perspective de vacances en groupe peut en effet laisser entrevoir le rêve de soupers intimes ou de longues balades en amoureux sur la plage , pendant que mamie ou un oncle se gâte avec les enfants ou qu ’ un cousin ado se sacrifie pour les garder . Il faudrait cependant sonder l ’ ambiance avant de continuer à caresser de telles ambitions puisque parmi les mamans rencontrées , aucune ni leurs proches n ’ ont semblé faire peser ce besoin d ’ intimité dans la balance , du moins pas plus que quelques heures . Quynh-Anh estime que le temps qu ’ elle passe sans ses enfants autour d ’ elle ne représente pas plus de 10 % de son voyage . Cela ne signifie cependant pas que beaucoup de temps se déroule avec eux .
Un bain de folie
Farida remarque qu ’ à partir du moment où les enfants savent que les copains ou cousins trépigneront bientôt derrière la porte , le besoin de se raconter à papa et maman se limite souvent à quelques phrases en coup de vent , à l ’ heure du souper ou avant le dodo .
Lili explique alors que ce ne sont pas tant les enfants qui s ’ éloignent ; c ’ est le cadre habituel de la famille qui se décale un peu . Les activités ou alliances du moment entre tantes , amis et cousins chamboulent l ’ horaire prévu : « On continue à s ’ occuper de nos enfants , mais de façon différente . On ne va pas avoir la même préparation de repas . On va sauter le bain . On va se coucher tard . Et on va faire d ’ autres genres d ’ activités . Parfois , il y a des gens qui vont proposer des activités que l ’ on ne ferait pas nécessairement , alors ça permet aux enfants de les faire . »
24 mieux-vivre www . montrealpourenfants . com