Montréal pour Enfants vol. 22 n°5 / Automne 2022 - Page 19

Louise Lafortune souligne également qu ’ à des âges où la réalité apparaît souvent toute blanche ou toute noire à des enfants qui se sentent trop inquiets pour réfléchir , un brin de discussion constitue déjà un bon premier pas pour découvrir que la réalité n ’ est pas si terrible dans son ensemble : « Vérifiez les interprétations : lorsqu ’ un enfant dit qu ’ il n ’ aime pas l ’ école , il est possible qu ’ il n ’ ait pas aimé cette journée-là , mais pas l ’ école au complet . »
Pas seulement une question de notes !
Par ailleurs , un parent qui voit son enfant appréhender l ’ école doit parfois en chercher la cause plus loin que la peur des mauvaises notes . D ’ autres pans de la vie , comme ceux de la vie sociale et de la recherche identitaire contribuent ou nuisent considérablement à la façon de vivre son expérience scolaire , explique Louise Lafortune : « On va vivre des difficultés et des échecs , alors que certaines disciplines scolaires exigent plus de continuité . Alors si , parce qu ’ il y a eu ces perturbations , nous n ’ avons pas écouté durant une semaine , on a moins travaillé , cela va avoir un effet sur la semaine suivante . »
Inversement , Isabelle Plante fait remarquer qu ’ une exploration plus globale des atouts de l ’ enfant gagnerait à être mise de l ’ avant chez ceux pour qui les résultats , les sanctions ou même les relations interpersonnelles commencent à miner l ’ estime de soi : « Il y a toute une base de recherche qui montre que le parascolaire amène l ’ attention ailleurs , et en se développant ailleurs , on développe une meilleure estime qui rejaillit dans la confiance en soi de l ’ enfant à l ’ école . Paradoxalement , même ceux qui performent moins vont parvenir à gérer leur peur et à assumer que ce n ’ est pas parce qu ’ ils ne sont pas bons en mathématiques qu ’ ils sont de mauvaises personnes . Ils voient qu ’ ils peuvent se dépasser au basket-ball , au patin , peu importe . »