L’économie circulaire : considérations fondamentales par Jean Lamesch L économie circulaire considérations fondamentale | Seite 7

Partie 2 The Shape of Things to Come
Il y a peut-être une issue de secours. La solution esquissée dans la suite, pour utopique qu’ elle puisse paraître, est en conformité avec les lois de la physique, et donc faisable en principe. Sous les seules prémisses précédentes, la situation de la civilisation technologique paraît désespérée à long terme. La solution consiste à élargir le système Terre par trois concepts supplémentaires. D’ abord il faut ajouter une donnée exogène quasi infinie, à savoir le rayonnement solaire, équivalent à une source d’ exergie inépuisable( ou la reproduction, sur notre Terre du rayonnement solaire, à savoir la fusion nucléaire).
Le second concept est celui de la Terre-dépotoir. L’ économie circulaire, on l’ a vu, génère inéluctablement ses propres déchets. Comme la surface terrestre et les océans deviennent progressivement une décharge planétaire, il faut convertir le problème en solution. C’ est dans cette réserve minière d’ un nouveau genre, énorme par sa masse, mais également énorme pas sa dispersion et sa dilution,- et assez semblable à la Lune et à la planète Mars pour ce qui est des éléments à haute entropie-, qu’ on devra aller puiser les futures ressources. Cette activité créera son propre cycle et donc ses propres déchets, qui retourneront à la Terre-dépotoir. Comme cependant l’ exergie solaire dont dispose le système est tellement grande, elle rend possible une extraction nette( brute-déchets) pour alimenter l’ économie, et cet ensemble deviendra enfin circulaire à 100 %.
Troisième concept: les nouvelles technologies d’ extraction de matériaux ultra-dilués. Il n’ est pas possible de les prédire à l’ heure actuelle, mais voici deux exemples pour éclairer le concept. Une machine peut fonctionner comme un spectromètre de masse( instrument inventé au début du 20 e siècle). Elle accepte comme input un mélange de nombreux matériaux très divers et dilués. Par le jeu de champs électriques et magnétiques, elle sépare les composants suivant leur masse( voir wiki Projet Manhattan avec la photo d’ un tel séparateur). Second exemple: des machines flottantes pour extraire les métaux des océans par électrolyse solaire. Ces machines ne seraient certes pas économiques aujourd’ hui, mais elles sont destinées à des circonstances futures d’ économie dites‘ de guerre’. De telles machines, qu’ on appellera ici collectivement XPM pour Extracteur Planétaire de Matériaux, se laisseront mettre à échelle pour traiter des masses de terres et de mers, car elles fonctionneront à l’ exergie solaire. XPM est encore métaphorique, mais montre la faisabilité de principe. Par le jeu de la radiation solaire, elles se conformeront aux contraintes de l’ entropie, comme on l’ a montré plus haut. Pour terminer, mettons les choses en perspectives:
Les efforts environnementaux déployés actuellement auront une utilité pour l’ avenir, non pas qu’ ils soient des solutions, mais du fait qu’ ils freineront la dispersion et la diffusion des matières, dans une course contre la montre, de sorte que le jour où l’ économie et la technologie devront se mettre en mode XPM, l’ état de dispersion des ressources de la planète ne sera pas trop avancé. Les efforts présents sont minuscules par rapport à ceux qui nous attendent; le présent n’ est que préambule Résumons les facteurs qui régiront une économie circulaire efficiente( et qui se grefferont sur les bases de l’ économie classique):
1. la conscience de la perpétuité; à partir d’ un moment, l’ économie circulaire devra fonctionner sans faille, donc à 100.000 %, sur des dizaines de milliers d’ années,
2. la primauté des lois thermodynamiques, universelles et immuables,
7