difficulté majeure, mais toujours oubliée. Elle vaut pour les matériaux autant que pour les objets. Le tri est impossible au-delà d’ un certain niveau de finesse ou de‘ granularité’. La conséquence en est le downcycling.
Enoncé # 4 Tout ce qui ne peut être mis à échelle(« scalable ») ne saurait être appelé Solution. Une technologie applicable à un seul et unique environnement ne peut être retenue pour résoudre des problèmes généraux. Cet énoncé, évident par lui-même, donc une Lapalissade, est occulté la plupart du temps.
Enoncé # 5 La planète Terre est un « dépotoir indispensable » Cet énoncé, qui peut sembler iconoclaste, est en fait une conséquence de la thermodynamique. Le dépotoir est la condition de base d’ un fonctionnement correct d’ une future économie circulaire bien comprise. Le raisonnement qui mène à cet énoncé est développé au second chapitre.
A noter que cet article ne traitera que des aspects physiques à moyen et long terme de l’ économie circulaire, et non pas des aspects économiques, qui sont en général à court terme.
Partie 1 The Shape of Things that Are 1.1 Le recyclage des matériaux est toujours imparfait
La meilleure façon de tirer des leçons des problèmes du recyclage est d’ examiner des cas précis de matériaux, de préférence ceux utilisés à grande échelle.
Alu et Aciers Prenons le cas d’ une canette en alu,- pour des raisons de simplicité pédagogique. Une canette est constituée de deux alliages différents d’ alu, un corps en alu ductile pour permettre sa production par emboutissage, et un couvercle en alu cassant pour faciliter l’ arrachage de la languette. Ces deux alu sont sertis si fortement qu’ ils sont impossibles à séparer économiquement et sont donc recyclés et fondus ensemble. Donc, on obtient un aluminium bâtard, inapte à produire soit un nouveau corps, soit un nouveau couvercle. On est obligé d’ ajouter 20 % d’ aluminium pur( sweetener), fraîchement produit ex minerais. Conséquence: les canettes ne sont recyclables, par principe, qu’ à raison de 80 %. Il en va de même avec bien d’ autres métaux alliés, qui pour des raisons précises, sont impossibles à recycler, par principe, à 100 %. L’ Acier’ d’ une voiture n’ existe pas. En effet, le châssis est fait de tel type d’ acier, le parechoc d’ un autre, les ressorts d’ un troisième, sans parler des aciers spéciaux divers et variés en petites quantités. Un acier pour carrosserie est inapte pour ressorts et inversement. Cette spécialisation d’ alliages n’ est pas une lubie de constructeur ou de design, mais une nécessité constructive.( Idem pour une voiture en alu ou fibres de carbone). Si on recycle le métal d’ une voiture, on obtient un acier de qualité moyenne, car mélangé d’ aciers différents, un acier moyen inapproprié pour de nouvelles carrosseries ou de nouveaux ressorts. Cette qualité moyenne est cependant suffisante pour des produits de qualité plus simple, poutrelles, poteaux. Il est vrai que ces recyclés diminuent les coûts, et surtout, ils réduisent en partie le recours aux minerais et aux hauts-fourneaux grands émetteurs de CO2. Mondialement, le recyclage des aciers tourne autour de 60 %, une partie est perdue et dispersée,- et une troisième provient obligatoirement de minerais. En résumé, la part recyclée a l’ avantage d’ une diminution des émissions de CO2, mais l’ autre porte en germe le drame à long terme. La question de fond d’ un tri plus poussé sera traitée plus loin.
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