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Blocus : Chronologie d’une mobilisation
Noé
En décembre 2018, des lycéens partout en France ont bloqué l’accès aux lycées. A Grenoble, le lycée des
Eaux Claires a également été bloqué. L’accès était impossible pour les étudiants, mais autorisé pour les
post bac et les professeurs, pour une durée de 2 semaines.
Mardi 4 décembre.
Le premier blocus est organisé au LEC, suite à un
appel de l’UNL à bloquer les lycées de Grenoble et de
France. Certains lycéens se retrouvent bloqués sans
savoir pourquoi, mais les bloqueurs « actifs » ont,
selon eux de bonnes raisons à cause de la réforme du
bac : « La réforme du bac, c’est quoi ? C’est « on
annule toutes les filières » déclare Emilie en 1 ere , donc
« Il y en a qui sont obligés de changer de lycée juste
pour avoir l’option qu’il veulent. »
Ils militent aussi contre la réforme de peur de voir
diminuer le nombre d’enseignants et augmenter le
nombre d’élèves par classe, ou même de ne pas avoir
de professeurs sur une durée importante : « Tu peux te
retrouver trois mois sans professeur de philo si tu es
en terminale, ça veut dire que ton bac, tu peux
clairement lui dire adieu, parce que la philo c’est
coefficient 8 en L ». Certains des lycéens sont aussi
contre ce qu’il appellent « le tri sélectif de Parcours
Sup », ce qui revient à « s’en sortir avec ton bac, avoir
une bonne moyenne etc., et ne rien avoir après ».
Blocage de l’internat du LEC
Le dernier point important évoqué durant les
manifestations est le retour du « service national
universel », remplaçant la journée d’appel d’un jour.
C’est désormais pour une durée d’un mois que les
« jeunes » devront travailler, par exemple dans une
association. Mais : « Tu bosses dans une association
que tu ne choisis pas forcément et tu fais le boulot que
pourrait faire un fonctionnaire. […] Travailler dans une
association, tu dois le faire par choix, sinon ça veut dire
que tu ne vas pas mettre toute ta bonté. Et on met 3
milliard d’euros là dedans, […] sachant qu’on a déjà la
journée d’appel. A quoi ça sert ? » (Emilie, 1 ere )
Kenza, secrétaire à l’UNL, nous rapporte que 100 000
lycéens, le 3 décembre, et 40 000, le 30 novembre,
étaient dans les rues en France. 300 lycées ont été
bloqués durant cette période. Elle était là pour « aider
les lycéens à bloquer et à défendre leurs droits […] ».
Mercredi 5 décembre.
A cause des gaz lancés par les CRS devant le lycée
Vaucanson, les élèves du lycée se rendent au LEC, le
seul lycée non gazé à proximité. Ce jour-là, il n’y a pas
de blocage. Des poubelles prennent feu devant le
lycée des Eaux Claires et une bouteille de gaz explose.
Tous les élèves du LEC sont rassemblés au centre de
la cour du lycée. « On a été le seul blocus, aux Eaux
Claires, à ne pas foutre le feu à nos poubelles, hier on
était totalement pacifique. Les seuls moments où il y a
eu des problèmes, c’est quand Vaucanson est arrivé »
déclare Nina en 1 ere . « On n'a rien à voir là dedans, […]
on n'a rien brûlé, et on ne comptait pas le
faire » (Louise, 2nd) « Là on nous fait passer un peu
pour des irresponsables, alors qu’on a rien
fait » (Emilie, 1 ere ).