L'Eclaireur n°11 | Page 14

,3_Un modèle de féminisme ?

Des modèles, j'en ai plein. Je pourrais vous parler de Simone de Beauvoir ou bien Olympe de Gouge, Angela Davis, Lucie Aubrac, Malala, Jane Goodall, Emma Watson ou Adèle Haenel, mais je pense que ce ne sont pas que les grands noms qui changent le monde. Non, mon véritable modèle au quotidien, ce sont toutes ces femmes qui se battent chaque jour. Que ce soit ma sœur, mes ami.e.*.s, en passant par la voisine ou cette fille dans le bus qui remet à sa place un.e malpoli.e.

Esther

1_Pourquoi et comment suis-je devenue féministe ?

Il n'y a pas vraiment d'explication, dans le sens où, si l'on considère que le féminisme est un combat pour l'égalité des genre, l'émancipation des femmes, l'inclusivité… je l'ai, au fond, toujours été. Les normes concernant les sexes ou les genres m'ont toujours posées problème. Petit à petit, à la suite de rencontres, d'expériences… j'ai fini par me revendiquer comme telle.

2_Quelle féministe suis-je ?

Je n'ai pas de combat en particulier. Je m’intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin le féminisme. Que ce soit l'égalité, l'émancipation, la sororité, l'éducation, les viols, les féminicides, l'inclusivité, la question des genres, en passant par la grammaire et casser l'ambiance en soirée, je prends soin de ne rien laisser de côté.

1_Pourquoi et comment suis-je devenue féministe ?

Je suis d'abord devenue féministe après avoir entendu trop, beaucoup trop, de remarques sur ce que « doit être une fille ». Sur ce qu'elle doit faire, ce qu'elle doit aimer, qui elle doit aimer, et comment elle a le droit d'aimer. Sur ce qu'elle a le droit de penser ou non, et ce qu'elle a le devoir de penser. Sur ce qu'elle a le droit de dire ou non, et de quelle manière elle doit le dire. Sur ce qu'elle doit vouloir, ou doit rejeter, et ce qu'elle a le devoir de vouloir.

Enfin bref, j'en ai eu marre.

J'ai ensuite commencé, puis continué, à m'informer sur les inégalités de genre dans le monde, et je le fais encore aujourd'hui, ce qui m'a convaincue de la nécessité à la fois d'être féministe et de m'assumer en tant que telle.

2_Quelle féministe suis-je  ?

Mon féminisme est étroitement lié aux inégalités de genre dans le domaine de la sexualité, c'est dans ce domaine que je mène le plus de combats au quotidien même si ce n'est pas le seul. Que ce soit au niveau du consentement, des violences sexuelles et sexistes, des préjugés sur ce que veulent ou aiment certain.e.s car iels appartiennent à tel ou tel genre, etc. Que ce soit au niveau du consentement, des violences sexuelles et sexistes, des préjugés sur ce que veulent ou aiment certain.e.s car iels appartiennent à tel ou tel genre, etc.

Évidemment, si ce sont ces combats qui me tiennent à cœur, c'est parce que ce sont ceux dans lesquels je me retrouve le plus.

3_Des conseils pour un.e jeune féministe ?

Lorsque j'ai commencé à être féministe, ou du moins à me demander si je l'étais, j'aurais aimé que quelqu'un.e me dise de toujours faire attention à ne pas parler à la place d'autrui, et de ne pas penser ou affirmer que un.e tel.le est opprimé.e (ou agit contre son bon vouloir) à cause de son genre, sans en avoir au moins parlé précédemment avec ellui.

Ensuite, il ne faut jamais oublier que le féminisme est un apprentissage, un moyen d'apprendre nous-mêmes à nous reconstruire en rejetant les idées du système patriarcal implantées dans nos têtes depuis toujours, mais aussi un moyen d'apprendre aux autres à voir les inégalités de genre qui les entourent.

Et surtout, surtout, profitez de ne pas encore vous sentir épuisé à force de répéter encore et toujours que oui, le féminisme est utile et nécessaire, que non vous ne détestez pas les hommes, que non vous n'avez pas des poils parce que vous êtes une féminazie, que le not-all-men empêche de se concentrer sur les vrais débats et est inutile, etc.

Bon courage à toustes.

Ninon