La Sultane #65 - Page 9

Le bonheur , a toujours été au cœur de la réflexion des philosophes , intellectuels , penseurs , scientifiques et chercheurs . Ils ont tous tenté de l ’ expliquer , d e le justifier et de le comprendre . Et ils ont tous conclu que le bonheur est une notion à la fois subjective et relative . Il est vécu et perçu diversement selon les personnes et leurs circonstances . Le bonheur nous le comprenons et l ’ imaginons différemment …

Le plaisir est le bonheur des fous . Le bonheur est le plaisir des sages . Jules Barbey D ’ Aurevilly Pourtant , il semblerait qu ’ aujourd ’ hui , nous soyons conditionnés par une interprétation uniforme . La société nous impose une image qui lie le bonheur à la réussite . Son absence équivaut donc à un échec . Le bonheur , a perdu sa dimension interne et est de plus en plus confondu avec la notion de plaisir . On privilégie l ’ idée d ’ avoir quelque chose à celle d ’ être quelque chose . On nous explique que pour se sentir bien , il faut posséder toujours plus . Les plaisirs , valorisés par nos sociétés contemporaines , dissimulent la véritable recherche du bonheur . La survalorisation de la notion de plaisir éloigne les personnes d ’ une spiritualité minimale essentielle . Elle réduit le bonheur à un concept quantifiable , simpliste , et matérialiste . Don Draper dans l ’ excellente série Mad Men , cyniquement , donnait la définition suivante : « le bonheur , c ’ est le moment que l ’ on vit juste avant de ressentir le besoin d ’ être plus heureux . »

Le succès c ’ est d ’ avoir ce que vous désirez . Le bonheur , c ’ est

aimer ce que vous avez . H . Jackson Brown

Abraham Maslow , père de la psychologie humaniste , considère que la réalisation du bonheur serait liée à la capacité de chacun à accepter la vie telle qu ’ elle se présente avec ses hauts et ses bas . Selon lui , certaines personnes seraient plus disposées à connaître le bonheur que d ’ autres . Il identifie deux composantes majeures à cette capacité :
• L ’ aptitude à régler des problèmes tangibles , au lieu de vivre replié sur soi à ruminer .
• Ne pas se soumettre aux normes sociales et échapper aux conditionnements sociaux .
D ’ après lui , le bonheur n ’ est possible qu ’ à partir du moment où on commence à atteindre un degré supérieur de réalisation de soi . De nombreuses théories affirment que le bonheur est accessible dès qu ’ on focalise sur l ’ instant présent . On n ’ anticipe pas les soucis à venir et on laisse le passé là où il appartient . Il devient alors facile d ’ élaborer une philosophie de vie : le bonheur naît à partir d ’ une multitude de petites actions quotidiennes . Il peut aussi se révéler à nous grâce à ce qu ’ on appelle une « participation cosmique », un sentiment qu ’ on éprouve lorsqu ’ on participe à quelque chose de plus grand que soi . Dans ce cas , on se réfère à une définition spirituelle du bonheur .

Le bonheur est une mosaïque 9 composée de petits

LASULTANEMAG . COM morceaux . Charles Dumercy

P A
G E
NUMÉRO # 65
De nombreux penseurs s ’ accordent à dire que le bonheur ne vient pas de lui-même . Pour l ’ atteindre , il faut travailler sur soi . En effet , Notre perception du monde ne correspond pas forcément à sa réalité . Cette différence , parfois même cette opposition , nous rend malheureux . Pour éviter cet état , il faudrait donc rapprocher , autant que possible , le monde que nous percevons , ou que nous imaginons , de celui qui est réel .

Le bonheur n ’ est pas une destination , mais une façon de voyager . Margaret Lee runbeck Les petits moments de déprime sont souvent nourris par des souvenirs désagréables et douloureux du passé . Rupture , perte d ’ un bien , décès d ’ un proche ... Les exemples sont très nombreux et nous succombons tous à cette manie : nous remémorer le temps où les choses étaient différentes . Et si le temps permet la cicatrisation des blessures , nous ne parvenons pas toujours à nous défaire de la peine que nous portons . Ces souvenirs nous hantent et nous tourmentent jusqu ’ à ce que nous fassions la paix avec nous-mêmes . S ’ il n ’ y a rien à faire pour changer l ’ issue d ’ un évènement , alors il serait peut-être temps de laisser aller le dit évènement , pour qu ’ il occupe la place qu ’ est la sienne . Inutile de le ramener au moment présent , là où il n ’ a pas lieu d ’ être . Lorsqu ’ il n ’ y a rien à faire , il faut pardonner , oublier et passer à autre chose . L ’ avenir peut aussi être une source d ’ angoisse . On se préoccupe de choses et d ’ événements qui n ’ ont pas encore eu lieu . Nous imaginons négativement une situation qui n ’ existe pas encore . Il est normal que l ’ avenir fasse partie de notre réflexion de vie . Toutefois , il ne faudrait pas qu ’ il occupe une place trop importante dans notre présent . Nous faisons des plannings , décidons d ’ une certaine organisation pour avoir le contrôle . Or , il y a toujours de fortes chances pour que les prévisions et la réalité ne concordent pas . En effet , nous tenons rarement compte des éléments de surprises dans nos prévisions . Et il arrive que tous nos plans d ’ avenir soient radicalement modifiés . Alors , oui à l ’ organisation . Non à l ’ obsession . La sérénité est atteinte lorsque nous parvenons à équilibrer notre réflexion . Nous portons notre passé , préparons notre avenir et nous vivons notre présent .

LASULTANEMAG . COM
P A G E
9
NUMÉRO # 65