La Sultane #62 - Page 62

La grande mosquée Dans l ’ ouvrage intitulé Le voyage en Tunisie et paru en 1893 , un savant et un architecte répondant aux noms de René Cagnat et Henri Saladin sont chargés par le ministère de l ’ Instruction publique français d ’ une mission d ’ exploration archéologique , au moment même où la France s ’ apprête à imposer son protectorat à la Tunisie . L ’ extrait donne une description assez détaillée de la mosquée : « Le minaret de la grande mosquée s ’ élève devant nos fenêtres un peu sur la droite . Il est plus richement orné que les autres . Il est décoré d ’ un revêtement de carreaux en faïence de toutes les couleurs : le blanc , le vert et le noir y dominent . Sur la tour carrée qui forme le couronnement s ’ élève un toit pointu en tuiles , surmonté d ’ une flèche aigue . Celle-ci repose sur trois boules superposée et est terminée par un croissant . Pris dans son ensemble , ce monument est d ’ une grande élégance ». La grande mosquée de Testour est édifiée par Mohamed Targarino en 1630 et se situe au cœur de la ville , à l ’ intersection des grandes artères . Devenue son symbole , elle possède deux cours : la plus grande est située au nord . Quant à la seconde , de moindre dimension , elle se trouve avec la salle d ’ ablutions du côté nord-est . La mosquée offre une synthèse inédite entre les traditions locales et les techniques décoratives et architecturales hispano-mauresques . Le caractère sobre de l ’ édifice indique une influence de l ’ art mudéjar 1 . Il convient de noter que des travaux d ’ agrandissement ont eu lieu au XVIII ème siècle . L ’ édifice se déploie ainsi sur un plan rectangulaire : la salle de prière assez large est accessible par six entrées , et organisée en sept travées 2 et neuf nefs 3 perpendiculaires au mur de qibla , délimitées par des arcs reposant sur des colonnes . La nef médiane correspondant à l ’ axe du mihrâb , est valorisée par deux coupoles sur pendentifs , comme dans l ’ art ottoman .
Une architecture fascinante Au milieu de la grande cour se trouve un cadran solaire en marbre signé Ahmed al-Harrâr et daté de 1761 . L ’ angle nord-est de la cour est occupé par le minaret , composé de deux tours superposées . Celle du bas est de plan carré , et construite selon le procédé tolédan en matériaux mixtes ( chaînage en briques et remplissage en moellons ), tandis que le haut de plan octogonal , couronné d ’ un lanternon à toiture pyramidale en bois , est percé de baies géminées et richement
couvertes par des tuiles parfaitement alignées et comprenant étables et greniers . Les pièces traditionnelles s ’ ouvrent sur un patio au centre duquel se dresse un arbre de toute beauté . Qui n ’ a jamais été frappé par la beauté de la place centrale et sa disposition en forme de carré typiquement espagnole ?

La grande mosquée Dans l ’ ouvrage intitulé Le voyage en Tunisie et paru en 1893 , un savant et un architecte répondant aux noms de René Cagnat et Henri Saladin sont chargés par le ministère de l ’ Instruction publique français d ’ une mission d ’ exploration archéologique , au moment même où la France s ’ apprête à imposer son protectorat à la Tunisie . L ’ extrait donne une description assez détaillée de la mosquée : « Le minaret de la grande mosquée s ’ élève devant nos fenêtres un peu sur la droite . Il est plus richement orné que les autres . Il est décoré d ’ un revêtement de carreaux en faïence de toutes les couleurs : le blanc , le vert et le noir y dominent . Sur la tour carrée qui forme le couronnement s ’ élève un toit pointu en tuiles , surmonté d ’ une flèche aigue . Celle-ci repose sur trois boules superposée et est terminée par un croissant . Pris dans son ensemble , ce monument est d ’ une grande élégance ». La grande mosquée de Testour est édifiée par Mohamed Targarino en 1630 et se situe au cœur de la ville , à l ’ intersection des grandes artères . Devenue son symbole , elle possède deux cours : la plus grande est située au nord . Quant à la seconde , de moindre dimension , elle se trouve avec la salle d ’ ablutions du côté nord-est . La mosquée offre une synthèse inédite entre les traditions locales et les techniques décoratives et architecturales hispano-mauresques . Le caractère sobre de l ’ édifice indique une influence de l ’ art mudéjar 1 . Il convient de noter que des travaux d ’ agrandissement ont eu lieu au XVIII ème siècle . L ’ édifice se déploie ainsi sur un plan rectangulaire : la salle de prière assez large est accessible par six entrées , et organisée en sept travées 2 et neuf nefs 3 perpendiculaires au mur de qibla , délimitées par des arcs reposant sur des colonnes . La nef médiane correspondant à l ’ axe du mihrâb , est valorisée par deux coupoles sur pendentifs , comme dans l ’ art ottoman .

Une architecture fascinante Au milieu de la grande cour se trouve un cadran solaire en marbre signé Ahmed al-Harrâr et daté de 1761 . L ’ angle nord-est de la cour est occupé par le minaret , composé de deux tours superposées . Celle du bas est de plan carré , et construite selon le procédé tolédan en matériaux mixtes ( chaînage en briques et remplissage en moellons ), tandis que le haut de plan octogonal , couronné d ’ un lanternon à toiture pyramidale en bois , est percé de baies géminées et richement

1 Les mudéjar sont les musulmans d ’ Espagne devenus sujets des royaumes chrétiens pendant la période de tolérance 2 Travée : il s ’ agit d ’ une ouverture délimitée par deux supports verticaux constituant les points d ’ appuis principaux ou les pièces maîtresses d ’ une construction ( piliers , colonnes , arcs , fermes , poutres , etc .) 3 Nef : c ’ est une salle oblongue qui accueille les fidèles pour la prière .
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