La Sultane #62 - Page 42

Ryfia : extraits du recueil
• Le manque de financement des services de soutien
• Les normes sociales et culturelles : perception / acceptation des violences , pressions de la famille et de la communauté , peur des représailles , préjugés des prestataires de services .
Bien que les témoignages rapportent une recrudescence des VFF dans le gouvernorat de Sidi Bouzid , notamment pendant les périodes de confinement liées à la pandémie Covid-19 , l ’ absence de données constitue un obstacle à l ’ évaluation de l ’ ampleur du phénomène . Ces données sont des outils puissants au service de la visibilité d ’ une cause et permettent d ’ agir sur les politiques publiques . Tout aussi importante est la connaissance des déterminants et / ou facteurs des VFF , qui permettent de mieux appréhender le phénomène et d ’ adopter une réponse adaptée au contexte d ’ intervention .

Ryfia : extraits du recueil

JENDOUBA
Dans la région de Jendouba , au Nord-Ouest du pays , les visages de Monjia , couturière , Tawes , fermière , et Montaha , jeune étudiante , portent les stigmates d ’ une vie difficile . Mais leurs histoires , des modèles de success story , inspirent aussi et montrent la volonté de s ’ extraire d ’ un déterminisme social , souvent lié à l ’ enclavement de leur lieu d ’ habitation ou à leur situation économique précaire . TAWES

“ Je ne suis jamais allée à l ’ école parce que , à mon époque , les parents n ’ y envoyaient que les garçons et les filles devaient apprendre à s ’ occuper de la maison . Mais aujourd ’ hui , c ’ est moi qui paye pour les soins de ma mère , atteinte du COVID-19 , et c ’ est avec mon argent , durement gagné , que j ’ ai pu finir de construire la demeure de mes parents .

Dans les vallées de la région d ’ Aïn Soltane , difficiles d ’ accès à cause des nombreux virages et des routes défectueuses , Tawes , soixantenaire , ne vit que pour sa ferme et ses vergers . Illettrée , elle a appris sur le tard avec un professeur particulier à lire les chiffres et le texte saint du Coran , « et à ouvrir aussi un profil Facebook » dit-elle en rigolant . Mais elle a compensé son manque d ’ éducation dès son plus jeune âge en s ’ occupant des terres de son père . Aujourd ’ hui , elle possède des ruches , des chèvres , des poulets , sait extraire des huiles essentielles ou produire sa propre huile d ’ olive . Elle vend les fruits de son labeur au marché local ou dans des foires . Son pécule lui a permis de financer les soins médicaux de sa mère atteinte du COVID-19 . « J ’ ai voulu qu ’ elle reste à la maison plutôt qu ’ à l ’ hôpital où j ’ avais peur qu ’ elle décède . La visite médicale à domicile coûte 100
LASULTANEMAG . COM
P A G E
42