En ce qui concerne l'identité religieuse, comme moine
bouddhiste zen invité dans un cadre catholique, face à une
approche intellectuelle aussi approfondie au sujet de la lutte de
Jacob, j'ai senti que le problème exégétique n'existait pas
pour moi. Le Zen est fondé sur le silence du corps, de la parole
et de l'esprit, comme dimension naturelle de l'expérience de
l'éveil et base pour pratiquer la prise de conscience dans la vie
quotidienne.
La familiarité avec le silence rend les mots clairs, évidents,
même ceux parfois énigmatiques de la Bible. Par ailleurs, le
Christianisme est basé sur la parole, sur le texte de la révélation,
sur le livre. Normalement, même prier est «parler» avec Dieu et
méditer est principalement «penser». Le silence profond
- d'ailleurs prévu dans les exercices spirituels de Saint Ignace -
est seulement une option mystique, et en effet son point de
contact avec le Zen.
Quant à l'identité artistique j'ai réalisé qu'en effet cela ne
m'intéressait pas d'analyser la lutte de Jacob parce que
“JE SUIS JACOB”. Je n'ai pas le problème d'étudier,
de comprendre ou d'interpréter ma propre histoire.
L'artiste vit en personne le problème concret de lutter
intérieurement et extérieurement, et de survivre.
La nouvelle proposition a donc été celle tout d'abord
d'incarner dans une première phase, la lutte de Jacob
grâce à une action painting performance avec la sculptrice
et performer française Astrid Fremin.