Avec l'exception de certaine peinture abstraite qui représente
seulement des trames ou des compositions géométriques ou des
structures indéfinissables, en général dans les tableaux des
éléments bien distincts et reconnaissables (des figures) sont
présents, dans mon cas des solides géométriques.
Mon langage pictural s'est développé dans cette direction plutôt
que vers le figuratif réaliste ou l'abstrait tout-court, principalement
parce que la perception géométrique de la réalité me correspond.
Par ailleurs, d'un point de vue conceptuel, je trouve ce mode
d'expression extrêmement efficace pour représenter la structure
essentielle des corps physiques. Les innombrables possibilités
figuratives naturelles ont été largement explorées par les arts
visuels pendant des millénaires, du symbolique à l'hyperréalisme,
de l'impressionisme jusqu'à se dissoudre dans l'abstrait.
Aujourd'hui, même la photographie est supplantée par la
reproduction numérique d'images virtuelles et le bombardement
visuel hautement technologique a engorgé le panorama. On
arrive avec difficulté à sélectionner de façon autonome des
images de qualité et à s'arrêter un instant sur ce qui en vaut
vraiment la peine.
La linéarité des solides géométriques ne nuit pas à leur
plasticité. Ce sont des corps essentiels. On en cueille
immédiatement la dynamique, les tensions, l'énergie,
sans se perdre sur des détails accessoires.
Pour représenter Jacob et son adversaire je me suis servi d'une
œuvre tout juste précédente, I PILASTRI DELL’ARTE (LES PILIERS
DE L'ART), lui donnant ainsi continuité. Sur ces dix tableaux,
deux demi-cercles se font face dans une sorte de pas-de-deux
ou de jeu érotique.