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Focus
Jellal ben abdallah
texte Amin Bouker
En m’ouvrant les portes de son atelier
dont je suis devenu le pensionnaire le
plus assidu, Ben Abdallah qui de tous
temps a préféré le pinceau au verbe impétueux accepte - quoique de manière
informelle - de me livrer des reflexions
sur ses conceptions artistiques et me
permet surtout de suivre les méandres
de son processus créatif qui amène à
transposer une idée en une œuvre d’art
accomplie.
On le sait céramiste, mosaïste, sculpteur,
graveur mais il fut aussi poète, musicien,
bricoleur, architecte et décorateur de
théatre et c’est finalement à travers la
peinture qu’il décide de s’exprimer. Artiste autodidacte, il dessinera peu à peu
les contours d’un style à son image, fait à
la fois de retenue et de fantaisie.
S’inspirant du terroir tunisien qui fera
sa spécificité, il tente de renouer avec
la belle manière des maitres anciens et
parvient à recréer dans son raffinement
chromatique la clarté et le calme mystérieux des peintres du Quattrocento.
L’apparente simplicité de ses compositions où l’architecture géométrique des
volumes le dispute à la plasticité des
objets et à la monumentalité des formes
cache une algèbre sophistiquée au service d’une peinture figurative, hors de
l’ordre courant, où les souvenirs mêlés
aux rêves forment un fertile réseau d’ambigüités et de contradictions.
Parution du livre «Jellal Ben Abdallah, sous
l’artifice, la simplcité»
Auteur : Amin Bouker
Editions Céres
Ci contre :
Hommage à Klimt
Acrylique sur bois et feuille d’or
Page de droite :
Le Kobkab (hommage aux
«Vieux Souliers» de Van Gogh)
miniature, 8x6 cm