La Gazelle | Page 86

86 87 Focus Jellal ben abdallah texte Amin Bouker En m’ouvrant les portes de son atelier dont je suis devenu le pensionnaire le plus assidu, Ben Abdallah qui de tous temps a préféré le pinceau au verbe impétueux accepte - quoique de manière informelle - de me livrer des reflexions sur ses conceptions artistiques et me permet surtout de suivre les méandres de son processus créatif qui amène à transposer une idée en une œuvre d’art accomplie. On le sait céramiste, mosaïste, sculpteur, graveur mais il fut aussi poète, musicien, bricoleur, architecte et décorateur de théatre et c’est finalement à travers la peinture qu’il décide de s’exprimer. Artiste autodidacte, il dessinera peu à peu les contours d’un style à son image, fait à la fois de retenue et de fantaisie. S’inspirant du terroir tunisien qui fera sa spécificité, il tente de renouer avec la belle manière des maitres anciens et parvient à recréer dans son raffinement chromatique la clarté et le calme mystérieux des peintres du Quattrocento. L’apparente simplicité de ses compositions où l’architecture géométrique des volumes le dispute à la plasticité des objets et à la monumentalité des formes cache une algèbre sophistiquée au service d’une peinture figurative, hors de l’ordre courant, où les souvenirs mêlés aux rêves forment un fertile réseau d’ambigüités et de contradictions. Parution du livre «Jellal Ben Abdallah, sous l’artifice, la simplcité» Auteur : Amin Bouker Editions Céres Ci contre : Hommage à Klimt Acrylique sur bois et feuille d’or Page de droite : Le Kobkab (hommage aux «Vieux Souliers» de Van Gogh) miniature, 8x6 cm