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De gauche à droite :
Entrée du Dar Romdhane Bey
Vendeur de patisserie Makoudh
Voûtes en brique de l’impasse
Kassaas
Souk des parfums
portes de la muraille qui jadis protégeait la
ville. Depuis treize siècles, La Zitouna attire,
sans discontinuité les fidèles pour la prière.
Elle a été en outre le chantre de l’enseignement d’un Islam moderne, tolérant et éclairé.
Elle est enserrée par les souks dont chaque
allée couverte d’une voûte de brique, délimitée par des portes et bordée de boutiques,
est affectée à la fabrication et à la commercialisation d’un article donné. Les activités
étaient organisées en corporations gérées par
un expert appelé «amine».
Les activités polluantes par le bruit, les odeurs
nauséabondes, l’usage de l’eau ou du feu,
vous ne les trouvez jamais à proximité de
la Grande Mosquée; elles sont rejetées à la
périphérie. Ainsi les forgerons sont près de la
porte Bab Jedid et les teinturiers près de celle
de la porte Bab El Jazira. Le quartier central, où se concentrent les activités «nobles»
et cossues, est jalousement fermé sur luimême par de lourdes portes à son contact
des autres quartiers; portes dont on continue
à veiller à la fermeture, à la tombée de la nuit.
La garde des souks est alors confiée à des
spécialistes, payés par les artisans
eux-mêmesselon une coutume ancestrale.
En franchissant l’une de ces portes extrêmes,
déambulez de souk en souk et c’est toujours
la même fascination, la même animation trépidante. Voici les boutiques des parfumeurs,
serrés contre la façade nord de la Zitouna
depuis le XIIIe siècle, offrant les essences,
l’encens, les corbeilles capitonnées aux couleurs pastelles contenant le nécessaire de la
cérémonie du «henné» précédent les noces.
Plus loin, le souk des chéchias (couvre-chef
masculin) aux somptueuses boutiques, témoin de la prospérité d’antan, d’un temps où
Tunis était la seule ville au monde à détenir les
secrets de fabrication de cet article pour les
avoir hériter des Morisques, Andalous chassés d’Espagne par la Reconquista. Arrêtezvous dans l’une de ces boutiques et vous
aurez droit à un brillant exposé sur les étapes
de fabrication de la chéchia.
Sous ses larges voûtes, le souk des chéchias
abrite des cafés qui ne désemplis pas et où il
faut se faufiler à travers les chaises pour trouver une place.
L’animation n’est pas moins grande au souk
el Birka, souk des bijoux en or et pierres
précieuses Là, la richesse s’affiche dans les
boiseries savamment sculptées et peintes,
quelque peu kitsch mais non dénuées de
charme. Devant les vitrines, scintillant de mille
éclats, se bousculent les femmes: car choisir
les bijoux que le futur époux se doit d’offrir à
sa fiancée est l’affaire des femmes des deux
familles, le fiancé se contente de payer la note
! Sur la belle placette occupant le centre de
souk el Birka, s’organisait, jusqu’en 1846, la
vente aux esclaves.