L' Apostrophe Numéro 3 | Page 9

Enfin, les ressources en gaz constituent l’autre majeure ressource naturelle de l’URSS avec un vaste réseau de gazoducs qui couvre les grandes villes soviétiques (Moscou, Léningrad, Perm, Omsk).L’URSS peut donc, grâce aux mesures de Staline, développer les exploitations de ces ressources qui toutefois, avec sa politique isolationniste et notamment à cause de la Guerre Froide, garde la plupart de ces denières pour elle-même. Cette isolation lui porte alors préjudice sur ses infrastructures: en 1986 la catastrophe de Tchernobil remet en cause la puissance soviétique et montre clairement que l’URSS est en délabrement. La chute de l’URSS en 1991 change alors la donne. En effet la nouvelle Russie ne dispose plus d’autant de territoires qu’avant et doit se relever économiquement et ce, sans la plupart des exploitations de ressources naturelles. Et les cours du gaz, la ressource majeure du pays, sont alors bas durant le mileu des années 1990 et ne laissent pas la place à un redressement économique affirmé. L’arrivée de Vladimir Poutine en 1999 et son agressivité envers les délocalisations marque une véritable rupture et une nouvelle politique économique se constate: la Russie mise alors sur les exports, et plus particulièrement en construisant davantages d’échanges avec l’Union Européene grâce à des oléoducs et des gazoducs. Les énergies deviennent ainsi le coeur de l’économie russe à partir des années 2000. Néanmoins, celles-ci peuvent devenir des armes. le même Poutine, à la suite de l’invasion de la Crimée, voit son pays faire l’objet de sanctions économiques de l’UE, qui est un partenaire commercial important. En réponse, il menace de ne plus approvisionner cette région du monde en gaz ; nous voyons ainsi que ces ressources peuvent également servir d’armes. Mais ce comportement diplomatique a aussi ses revers. Plus précisément, en 2015 à la suite de ces sanctions, le PIB russe plonge de plus de 3.7%, ce qui enraye alors l’armée russe dans ses projets, et fragilise brutalement l’économie. En conclusion, les énergies en URS S (charbon, pétrole et gaz) ont fortement contribué à l’aménagement et à la consommation interne, bien que le pays se retrouve isolé du monde dans le contexte stalinien et de la Guerre Froide. Avec la fin de l’URSS, ces énergies deviennent un pilier du redressement économique de la Russie. Mais avec la guerre en Ukraine et les affrontements économiques avec l’UE, une question émerge: la Russie serait- elle trop dépendante de ses énergies? Jonathan Cohen 2