KRAEMER_MAGAZINE_14_OK | Page 53

Benjamin Stalter a grandi dans le salon de son père, Bernard, que l’ on connaît pour avoir été président de la Chambre de Métiers d’ Alsace et du Grand Est. Dès le plus jeune âge, Benjamin passe du temps à aider, nourrissant ainsi son intérêt pour le métier. « À l’ âge de 6-7 ans, j’ ai hésité entre devenir coiffeur ou pilote de chasse, mais comme je portais des lunettes, le choix était fait! », s’ amuse-t-il. Ce choix se porte donc sur la coiffure.
Pour sa formation( un CAP, puis un BP), il a évité le salon familial. « Je souhaitais vivre pleinement l’ expérience d’ apprentissage et acquérir une expérience indépendante. » Dès le début de sa jeune carrière, il est sollicité pour participer à des compétitions. Il se souvient d’ être entré en apprentissage avant de concourir deux mois plus tard pour le titre de « Meilleur Apprenti de France », qu’ il remporte à l’ âge de 16 ans. Par la suite, il s’ attache à construire un palmarès respectable, multipliant les expériences et les partenariats, tout en affinant sa technique. Il représente la France lors de championnats européens et mondiaux. « Ce qui est intéressant en intégrant l’ équipe de France, c’ est que tu bénéficies d’ un entraînement régulier avec l’ élite de la coiffure nationale. » Et s’ il ne l’ emporte pas à chaque fois – « Je fais souvent des podiums! » – il gagne en expérience, bénéficie des encouragements de son patron et progresse à pas de géant dans le métier. Il se souvient de cette fois où, à l’ occasion d’ un concours international en 2016, il a « osé une couleur nouvelle » tout en prenant un risque majeur. « Je me suis dit: les membres du jury finissent par se lasser de ce qu’ il voit à longueur de journée, osons! J’ ai été jugé trop avant-gardiste et j’ ai eu des points de pénalité, mais sur l’ ensemble des épreuves je l’ emporte et deviens Champion d’ Europe! » Dès lors, le parcours de Benjamin est marqué par une subtile combinaison d’ expérience personnelle, de formation rigoureuse et de participation active à des concours, ce qui lui a permis de se faire un nom dans la coiffure. Pour cela, il a toujours suivi la recommandation de son père: « Suis ton instinct, suis ton idée. »
Concernant l’ évolution du métier, il exprime une vision nuancée. Comme d’ autres, il constate que la coiffure, influencée par l’ impact des réseaux sociaux, vit selon un mode instantané. « Plutôt que de suivre des saisons définies, les tendances apparaissent et se propagent de manière plus spontanée, nous explique-t-il. Elles souvent impulsées par des contenus viraux sur des plateformes comme TikTok. » Les professionnels doivent donc « rester réactifs et s’ auto-alimenter de manière continue ».
Pour la communication autour de ses salons, il reconnaît là aussi le rôle primordial des réseaux sociaux, affirmant que ceux-ci sont devenus une vitrine aussi cruciale que les salons physiques eux-mêmes. Il met en avant l’ importance d’ une présence digitale forte, suggérant que celle-ci peut parfois compenser un emplacement moins avantageux. Il insiste sur la nécessité d’ éduquer ses collaborateurs pour qu › ils comprennent cette nouvelle réalité. Pour cela, il intègre créativité et stratégie digitale dans la gestion de ses salons: il élabore une ligne éditoriale et organise des sessions trimestrielles de tournage pour créer des vidéos et des photos avec ses équipes et des clientes. Cela permet de produire des contenus ciblés et maîtrisés, en valorisant des techniques spécifiques comme le lissage ou les mèches. Benjamin se nourrit d’ idées provenant de sources variées, que ce soit dans la mode, l’ art ou même des éléments non liés à la coiffure afin de stimuler sa créativité et celle de son équipe. Ce mélange d’ inspirations lui permet de développer des designs et une ambiance qui se démarquent. Enfin, Benjamin voit un avenir où, des avancées technologiques et de l’ intelligence artificielle, le besoin d’ interactions humaines et de qualité de service dans les salons de coiffure sera davantage valorisé. « Car les clients, selon lui, chercheront toujours une expérience unique et personnalisée. Oui, cette relation soutenue à la technologie amènera les gens à rechercher de l’ humain. Et c’ est notre force à nous, l’ humain! »
27