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[ transmission ] compagnons 25
Pour aller plus loin compass
Extrait du compte-rendu Des Compagnons du Devoir à la Sainte- Baume des rencontres nationales( études sur le sens du pèlerinage) à la Fondation de Coubertin, les 20 et 21 mars 1998:
« Le compagnonnage de l’ an 2075 serat-il spirituel, n’ ayons crainte de nous poser des questions, tentons d’ y répondre, de faire qu’ il le soit, de réfléchir sans voile en nos esprits devant nos yeux.
C’ est en effet un rôle d’ équilibriste sur un câble au-dessus du vide que devront réaliser les jeunes et les anciens, quels moyens utiliseront-ils, des filets de protection, des harnais et autres sécurités?
C’ est une chose bien difficile à anticiper, le compagnonnage sera-t-il encore porteur d’ espérance, d’ espoir et de joie, nous n’ en doutons pas, mais nous devrons et devons être d’ une vigilance de chaque instant, de tout moment. »
MARIE-MADELEINE SUR LES COULEURS: SYMBOLE DE L’ ÊTRE AVEC Cette scène symbolise une vérité humaine universelle: toute rencontre authentique est source de renaissance, de renouveau. Même sans référence religieuse, Marie-Madeleine révèle la force de l’ espérance et la profondeur de l’ expérience humaine de l’ amour.
Sur les couleurs compagnonniques, Marie-Madeleine est représentée en symétrie avec les trois fondateurs du compagnonnage: le roi Salomon, Maître Jacques et le père Soubise. Cette composition n’ est pas anodine, puisqu’ elle met en regard deux dimensions fondamentales de l’ existence humaine: d’ un côté, le métier, c’ est-à-dire le « faire », la maîtrise technique, le travail dans le monde visible: de l’ autre, Marie-Madeleine, qui est le symbole de « l’ être avec », de la relation, de la dimension intérieure et spirituelle de la vie.
Cette symétrie exprime une complémentarité, comparable à celle du yin et du yang dans la pensée orientale. Elle illustre la nécessité d’ unir l’ action et la contemplation, le concret et le spirituel, le visible et l’ invisible.
Le métier apprend à faire( au travers de l’ apprentissage, du voyage et de la réalisation de son travail de Réception), tandis que Marie-Madeleine rappelle l’ importance d’ accueillir, écouter et rencontrer. Ces deux démarches sont indissociables: produire et accueillir sont deux aspects d’ une même sagesse. Ainsi, les Compagnons incarnent un équilibre rare entre efficacité pratique et profondeur humaine, entre savoir-faire et savoir-être.
Les Compagnons du Devoir se sont penchés sur le sens du pèlerinage à la Sainte- Baume lors de rencontres nationales à la Fondation de Coubertin, les 20 et 21 mars 1998. Le compte-rendu de l’ événement souligne que les jeunes générations, souvent centrées sur le « faire », ont besoin de redécouvrir la dimension de « l’ être », celle que symbolise Marie-Madeleine. La vraie spiritualité se vit non dans l’ évasion, mais dans la qualité de la présence à l’ autre, dans le respect et la solidarité au quotidien.
En conclusion du compte-rendu est rapporté un échange entre deux Compagnons. Le premier souligne que le désir précède l’ amour: il constitue la première étape vers la connaissance de l’ autre. Le second rappelle que le message de Marie-Madeleine est universel, valable pour tous les êtres humains, croyants ou non.
Enfin, la question se pose de la possibilité d’ aborder ces thèmes auprès de jeunes éloignés de la spiritualité. Les Compagnons s’ en inquiétaient déjà il y a 28 ans, sans doute comme à chaque génération avant eux et comme celles qui suivront. Ces interrogations touchent en effet à des réalités humaines fondamentales— le besoin d’ être reconnu, aimé, respecté— et peuvent être expérimentées dans toute relation authentique.
Marie-Madeleine est une figure à la fois historique, légendaire et symbolique. Pour les Compagnons, elle incarne le chemin intérieur de transformation: du faire à l’ être, du visible à l’ invisible, de la passion à l’ amour vrai. Sa présence sur nos couleurs rappelle que la vie humaine s’ équilibre entre le travail et la relation, l’ action et la contemplation, la maîtrise technique et la quête de sens. Elle exprime une espérance universelle: l’ amour et la rencontre peuvent toujours transformer, libérer et donner sens à la vie.
Laurent Cerf Laurent l’ Angoumois
Compagnon menuisier
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Référence à l’ épisode biblique de l’ onction avec un parfum très précieux, rapporté dans les Évangiles. Cette scène est traditionnellement associée à Marie-Madeleine, même si les textes bibliques eux-mêmes distinguent parfois plusieurs figures féminines. # 357 / Mars- avril 2026